La Via Campesina's Open Book: Celebrating 20 Years of Struggle and Hope
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2013-06-11 SCORE 9/10
Document original ↗Synopsis
Ce texte de Heri Purwanto documente l'émergence et l'action de la Serikat Petani Indonesia (SPI, Union des paysans indonésiens), un mouvement paysan fondé en 1998 face aux expropriations massives de terres. Née de revendications simples — le droit de cultiver à nouveau — la SPI a élargi sa conscience politique vers la réforme agraire globale, s'intégrant à La Via Campesina. Le mouvement déploie une stratégie en sept axes : éducation populaire développant la conscience critique, renforcement organisationnel, actions de masse pour occuper ou reprendre les terres, développement de pratiques alternatives durables, influence sur les politiques, alliances inter-mouvements, et internationalisation des luttes. Le texte expose un conflit structurant : entre le groupe pro-marché (Banque mondiale, OMC, FMI, multinationales) cherchant à libéraliser la loi foncière progressiste de 1960 pour faciliter l'accumulation capitaliste, et la SPI défendant cette loi. La globalisation a modifié les champs de bataille : les paysans font face directement à des institutions financières internationales, d'où la nécessité d'une articulation local-global. Purwanto analyse comment construire une conscience critique comme point de départ de toute mobilisation politique, montrant comment des luttes foncières locales deviennent des enjeux politiques globaux.
En clair
Ce texte raconte comment des paysans indonésiens expropriés se sont organisés en syndicat pour reprendre leurs terres et obtenir une vraie réforme agraire. Il montre comment ils se battent à la fois localement contre les propriétaires et mondialement contre les banques internationales qui contrôlent le foncier.
Extraits
À l'origine, Serikat Petani Indonesia a été formé en raison des problèmes similaires auxquels faisaient face les paysans dont les terres avaient été expropriées.
Au départ, leur impulsion à agir s'appuyait sur une demande simple et pratique - pouvoir cultiver à nouveau les terres qu'ils possédaient autrefois.
Premièrement, mener des programmes d'éducation populaire pour développer une conscience critique, afin que ses membres paysans puissent émerger avec des compétences de direction.
Troisièmement, des actions de masse pour reprendre ou occuper des terres, afin de faire pression sur le gouvernement et les autres groupes s'opposant à leurs demandes.
Un groupe qui s'est opposé à la loi agraire fondamentale était composé de partisans du marché libre, ayant l'agenda de libéraliser le droit foncier dans les intérêts du capital.
Les flux d'investissement étranger, qui ont considérablement augmenté récemment, nécessitent une garantie qu'ils peuvent se procurer des terres en tant qu'actif principal pour l'accumulation de capital.
Les paysans ne s'engageront pas dans une action politique directe pour réclamer leurs droits s'ils n'ont pas encore atteint une conscience critique.
Mener la lutte au niveau international par La Via Campesina, pour contester les politiques de la Banque mondiale, l'OMC, le FMI et les sociétés transnationales.