States Must Address Rising Inequalities and Enact Agrarian Reform to Realize the Right to Land

La Vía Campesina — publications (WP REST) 2022-05-27 SCORE 9/10

Document original ↗

Synopsis

Cette déclaration internationale, signée à l'occasion du 10e anniversaire des Lignes directrices sur la gouvernance responsable des terres (Tenure Guidelines, 2012), rassemble des organisations de petits producteurs alimentaires, peuples autochtones, travailleurs et société civile. Elle affirme l'importance critique des terres, pêches et forêts pour la justice sociale, environnementale, de genre et intergénérationnelle, et demande aux États et au système ONU d'honorer le droit à la terre. Bien que les Tenure Guidelines aient marqué une avancée dans l'ancrage des droits humains à la gouvernance foncière et aient contribué à la reconnaissance explicite du droit à la terre par la Déclaration des droits des peuples autochtones (UNDRIP) et la Déclaration des droits des paysans (UNDROP, 2018), le bilan dix ans après reste critique. La concentration foncière s'accélère, les accaparements se poursuivent à l'échelle mondiale, la violence contre les défenseurs des terres s'intensifie, et la plupart des gouvernements ont échoué à appliquer les principes des Lignes directrices, préférant promouvoir les deals fonciers corporatifs et les approches marchandes. Le texte critique les réponses gouvernementales qui perpétuent le capitalisme spéculatif via la financiarisation des terres, les fausses solutions climatiques (marchés du carbone, schémas de compensation), les accords commerciaux injustes, la privatisation numérique et la capture des espaces politiques par les corporations. En réaction, les organisations affirment construire des solutions de bas en haut fondées sur la souveraineté alimentaire : pratiques agroécologiques, économies alternatives, reconnaissance du travail reproductif et de soin (porté surtout par les femmes), restauration des écosystèmes, combinaison des savoirs ancestraux et innovations, création de territoires urbains habitables et rébalançage des relations rural-urbain. Ces modèles visent une transformation profonde des sociétés et économies, incompatible avec le régime alimentaire industriel et corporatiste.

En clair

Ce texte explique pourquoi les lois internationales sur le droit à la terre ne marchent pas : les gouvernements les ignorent, les entreprises continuent à voler les terres des paysans et des autochtones, et c'est devenu dangereux de les défendre. Les organisations paysannes et autochtones proposent une autre voie : cultiver ensemble en respectant la nature, sans spéculation immobilière ni dettes.

Extraits

Aucun accord ou traité n'est appliqué automatiquement, indépendamment de la positivité et du caractère progressiste de son contenu. La pression populaire, la mobilisation et l'organisation pour en exiger la mise en œuvre sont les éléments qui donnent vie à ces documents

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amélioration de la gouvernance foncière « en mettant l'accent sur les personnes vulnérables et marginalisées »

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les gouvernements et les institutions n'ont largement pas appliqué le principe primordial des Directives de donner la priorité aux groupes vulnérables et marginalisés, et ont souvent poursuivi des politiques favorisant les transactions foncières d'entreprises et les approches fondées sur le marché

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l'accaparement des terres et des ressources continue partout dans le monde, entraînant des degrés alarmants de concentration des terres et des ressources naturelles entre les mains de quelques acteurs puissants

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la violence contre tous ceux qui défendent leurs territoires et modes de vie, y compris les meurtres de défenseurs des droits fonciers

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une fin au régime agroalimentaire industriel et d'entreprise, et à l'influence des entreprises dans la gouvernance

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Restaurer les sols et les écosystèmes, et refroidir la planète par le biais de pratiques agroécologiques

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Reconnaître et valoriser le travail reproductif et de soin, qui est surtout réalisé par les femmes

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la souveraineté alimentaire et son potentiel transformateur pour construire un monde dans lequel le droit de tous à une alimentation adéquate, saine et culturellement appropriée est réalisé

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