Peoples' Control over Land, Water and Territories: Agrarian Reform for Food, Life and Dignity

La Vía Campesina — publications (WP REST) 2026-02-16 Adobe PDF Library 15.0 SCORE 9/10

Document original ↗

Synopsis

Ce document est un papier de position du groupe de travail Terres de l'International Planning Committee for Food Sovereignty (IPC) préparant la conférence ICARRD+20 (Cartagena, février 2026). Il pose la question centrale du contrôle populaire des terres, eaux et territoires comme fondation de la souveraineté alimentaire et de la justice.

Le texte diagnostique un système global de dépossession : deux décennies après la première ICARRD (Porto Alegre 2006), les terres, eaux, forêts et océans subissent une concentration extrême. Les chiffres sont frappants : 1 % des plus grandes exploitations contrôlent 70 % des terres mondiales, tandis que des centaines de millions de petits exploitants et familles paysannes — qui constituent la majorité des producteurs et alimentent des millions de personnes — ne contrôlent qu'une fraction. Cette concentration n'est pas accidentelle mais le résultat de politiques qui privilégient l'accumulation de capital, le profit corporatiste et la propriété privée au détriment du bien commun.

L'IPC analyse ce processus comme un continuum du colonialisme : l'expansion de l'agriculture industrielle, de l'exploitation minière, du tourisme et des infrastructures détruit les écosystèmes et les moyens de subsistance des communautés, reproduisant les patterns de domination coloniale. Ce qui est présenté comme « investissement » ou « développement » est en réalité une dépossession organisée. Parallèlement, l'accaparement océanique (« ocean grabbing ») s'intensifie sous le couvert de politiques de « croissance bleue », concentrant le pouvoir entre les mains de corporations transnationales et marginalisant les petites communautés de pêcheurs artisanaux.

Un rôle central est accordé à la financiarisation de la nature : les fonds de pension, les gestionnaires d'actifs et les hedge funds transforment les sols fertiles, forêts et eaux en instruments spéculatifs, détournant les fondations de la vie en collatéral du profit. Le document soulève aussi les inégalités intersectionnelles : les femmes rurales font face à des discriminations supplémentaires ancrées dans les normes patriarcales, qui aggravent leurs charges et les excluent des droits fonciers.

L'enjeu fondamental est que sans une distribution équitable et durable des terres, aucune souveraineté alimentaire, aucune transition juste vers l'agroécologie, aucune justice économique, agraire, de genre ou environnementale n'est possible. L'IPC appelle les États à dépasser les promesses volontaires et à s'engager dans des actions réelles, contraignantes et mesurables pour une réforme agraire redistributive enracinée dans la justice, l'équité et l'autodétermination des peuples.

En clair

Quelques grandes corporations contrôlent presque toutes les terres mondiales, tandis que les petits paysans qui nourrissent les gens se retrouvent sans terre et sans pouvoir. Le texte dit aux gouvernements : arrêtez les belles promesses, redistribuez vraiment les terres de façon juste, donnez le pouvoir aux paysans et aux peuples autochtones.

Extraits

sans une large, équitable et durable distribution des terres, des pêcheries, des forêts, de l'eau et des territoires, il ne peut y avoir de souveraineté alimentaire

p. 3

Ce qui est présenté comme « investissement » ou « développement » est, en réalité, un processus organisé de pillage.

p. 4

1 % des plus grandes fermes du monde contrôle 70 % des terres agricoles du monde, tandis que des centaines de millions de petits exploitants et d'agriculteurs familiaux ne contrôlent qu'une fraction de celle-ci.

p. 4

cette financiarisation de la nature transforme les fondements de la vie en collatéral, et chaque être vivant en sujet de profit et de perte

p. 4

reproduction continuée des schémas coloniaux de domination et d'exploitation

p. 4

Les femmes rurales font face à des défis supplémentaires de discrimination et d'exclusions découlant des normes patriarcales

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des politiques redistributives de tenure et un développement rural mené par le peuple enraciné dans la justice, l'équité, l'autodétermination des peuples

p. 3

des transitions justes vers des systèmes alimentaires fondés sur l'agroécologie

p. 3
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