Talking Points of Chengeto on Seeds, Food Sovereignty and UNDROP
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2023-01-25 SCORE 9/10
Document original ↗Synopsis
Chengeto Muzira, petite agricultrice du Zimbabwe et membre du Youth Coordination Committee de La Via Campesina, s'adresse au ministre allemand de l'Agriculture lors du Forum global pour l'alimentation et l'agriculture à Berlin. Elle documente la résilience des systèmes de semences indigènes décentralisés en Afrique australe, où des banques communautaires de semences (millet, sorghum) assurent l'autonomie alimentaire paysanne depuis la réforme agraire zimbabwéenne de 2000. Elle dénonce deux menaces conjointes : la biopiraterie (acquisition des banques génétiques locales par des corporations et États riches, suivie de la brevetisation) et l'harmonisation forcée des législations vers UPOV 91, qui criminalisent les pratiques paysannes de sélection et de conservation des semences. Muzira documente cette pression dans la région (Zambie, Afrique du Sud, Kenya) et alerte spécifiquement sur le Plant Breeders' Rights Act votée au Zimbabwe en 2020 sans consultation. Elle inscrit cette érosion des droits semenciers dans une triple attaque : sur les semences, la terre (land grabbing massif depuis 2008) et l'eau, orchestrée par une constellation d'acteurs géopolitiques (G8 New Alliance, AGRA). Son appel cristallise autour de la mise en œuvre de la UNDROP (UN Declaration on the Rights of Peasants, 2018) : reconnaître le droit des paysans à contrôler leurs semences et à produire une alimentation souveraine. Ce texte parle depuis le terrain — la voix des 70% de producteurs alimentaires mondiaux — et articule agroécologie paysanne, souveraineté alimentaire, et résistance décoloniale à l'enclosure semencière.
En clair
Le texte montre comment les petits agriculteurs du Zimbabwe gardent le contrôle de leurs semences et nourrissent leurs familles sans dépendre des grandes entreprises, grâce à des réserves que chaque village maintient. Mais des lois internationales les forcent à acheter des semences brevetées — le texte demande au gouvernement allemand d'arrêter ça et de protéger le droit des paysans à cultiver comme ils l'ont toujours fait.
Extraits
Dans les pays d'Afrique australe, nous avons beaucoup de gens à la campagne. Les gens produisent encore de la nourriture pour nourrir nos communautés, plutôt que des produits alimentaires commerciaux.
Chaque ménage et communauté dispose de ses propres banques de semences autochtones, qui complètent la banque de gènes nationale. Un tel système décentralisé est très résilient aux crises.
La biopiraterie des semences se produit lorsque des personnes riches et des sociétés volent les semences locales et les commercialisent pour réaliser des profits.
Ces lois sur les semences et la législation sur les droits de propriété intellectuelle affaiblissent les systèmes de semences des paysans, qui sont la base d'une alimentation diversifiée, saine et de la résilience des paysans.
En Afrique, nous constatons une augmentation de l'érosion des droits aux semences et à la terre des paysans et de l'accès à l'eau en général.
Il y a eu un accaparement des terres visible et généralisé par des intérêts étrangers dans de nombreux pays africains, ce qui a entraîné la dépossession et le déplacement de centaines de milliers de paysans ruraux.
nous rappelons que les paysans produisent plus de 70 % de la nourriture consommée mondialement
la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP) approuvée par les Nations unies en 2018 doit être mise en œuvre aussi par le gouvernement allemand
la souveraineté alimentaire, qui est notre mode de vie et la façon de garantir un avenir juste et équitable pour nous tous sur cette planète
Pour les harmoniser avec l'UPOV 91 (l'Acte de 1991 de l'Union internationale pour la protection des obtentions végétales) afin de promouvoir les grandes industries de semences et d'aller vers la criminalisation des systèmes paysans de conservation de semences