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La Vía Campesina — publications (WP REST) 2014-03-10 SCORE 9/10
Document original ↗Synopsis
Le rapport annuel 2013 de La Via Campesina — organisation regroupant 164 organisations paysannes dans 79 pays — analyse le contexte politique et économique global traversé par des crises multiples (financière, écologique, climatique, alimentaire) résultant des politiques néolibérales et de la domination du capital privé. Le document identifie les transnational corporations comme acteurs centraux de la destruction des agricultures paysannes et de l'accaparement massif des terres dans les pays en développement, notamment à travers l'imposition de monocultures aux OGM et l'intégration forcée dans les chaînes de valeur alimentaire mondialisées. Un axe majeur concerne la souveraineté des semences en Afrique, où La Via Campesina dénonce l'harmonisation régionale des politiques semencières (SADC, ARIPO) privilégiant les semences hybrides et l'imposition de la certification UPOV, qui menacent les semences traditionnelles et indigènes. L'accaparement des terres, présenté par les Institutions Financières Internationales comme vecteur de développement, déplace des millions de paysans via les zones économiques spéciales et les concessions aux investisseurs privés. Ces dynamiques s'accompagnent de traités commerciaux (EPA, TIPP) qui détruisent les marchés locaux et les économies paysannes. La réponse de La Via Campesina s'organise autour de plusieurs axes : défaite du programme commercial transnational, agriculture paysanne durable comme droit, protection de la biodiversité et des semences indigènes, promotion des droits des paysans via une déclaration onusienne, réforme agraire, et lutte contre la violence envers les femmes rurales. Le rapport insiste sur la dimension féministe, affirmant que l'égalité de genre dans la vie économique des communautés est condition de l'émancipation paysanne. Il marque aussi une transition institutionnelle majeure : la délocalisation du Secrétariat Opérationnel International vers l'Afrique (Harare, Zimbabwe), reconnaissant l'intensification des enjeux fonciers et alimentaires africains.
En clair
La Via Campesina c'est le grand collectif paysan mondial : il dénonce comment les multinationales et les banques internationales nous volent nos terres, nous forcent à cultiver des semences OGM, et détruisent nos semences paysannes et nos savoirs — et il raconte ici comment ses 164 organisations dans 79 pays se battent ensemble contre ça. Ce rapport t'explique comment le problème de l'accaparement des terres chez toi n'est pas un accident local : c'est une stratégie mondiale des riches, et il y a partout des gens qui s'organisent contre.
Extraits
Les sociétés transnationales et certains gouvernements, en particulier ceux des pays développés, ont ouvert une nouvelle vague d'accaparement des terres dans la plupart des pays en développement pour l'exportation et la production d'agrocarburants.
L'utilisation d'organismes génétiquement modifiés et d'agrochimiques augmente dans le monde alors que les entreprises agroalimentaires transnationales cherchent à standardiser les produits de base par les monocultures et à contrôler les chaînes de valeur alimentaires.
L'Afrique fait face à une offensive contre ses semences et à un avenir menacé sur deux fronts.
L'agriculture paysanne durable : notre droit à la vie
Réforme agraire et luttes contre l'accaparement des terres
Les zones économiques spéciales et les zones d'exportation continuent de déplacer des millions de paysans. L'accaparement des terres en Asie, en Afrique et ailleurs est donc grave.
Les organismes génétiquement modifiés sont lentement acceptés par certains gouvernements africains, posant ainsi une menace à la biodiversité.
Le mouvement doit assurer la participation pleine et égale des femmes et des hommes, non seulement au sein de ses organisations, mais aussi dans la vie économique de leurs communautés, affirmant ainsi la campagne pour la parité des genres.
Leur dynamique d'investissement est aussi le plus grand moteur de l'accaparement des terres et des ressources en eau.