Lock Out The Landlords ! (en anglais — cahier)

Infokiosques.net — Squat (rapport à l'habiter) SCORE 8/10

Document original ↗

Synopsis

« Lock Out The Landlords! » documente la résistance aux évictions en Australie durant la Grande Dépression (1929-1936), un moment clé de lutte collective pour l'accès au logement. Entre 1929 et 1939, plus de 22 000 ordres d'expulsion sont émis à Melbourne seul ; Sydney en voit 6 484 entre 1934 et 1939. Face à cette catastrophe sociale, le Unemployed Workers Movement (UWM), dominé par le Parti communiste australien, crée les Anti Eviction Committees (AECs) — des cellules organisées par quartier qui pratiquent une stratégie novatrice de défense collective. Les AECs consultent les résidents avant d'agir, installent des piquets de grève, occupent et barricadent les maisons, fournissent nourriture et garde d'enfants aux familles expulsées, exercent des pressions sur propriétaires et autorités. Les tactiques vont du piquetage simple à l'occupation fortifiée, en passant par des interventions spectaculaires : dumping du mobilier expulsé devant la mairie ou la police. Le document révèle comment l'action directe transforme le problème individuel en question collective imposant une présence physique impossible à ignorer. Il montre aussi des divisions politiques : l'UWM radicale (Parti communiste) s'oppose tactiquement au Parti travailliste australien (ALP) plus modéré, bien que les deux convergent au niveau de quartier. Une tension centrale porte sur les changements de stratégie du Parti communiste : radicalisme du début des années 1930 suivi d'une modération (stratégie du « Front populaire ») affaiblissant progressivement l'activisme après 1935. Le texte mentionne aussi brièvement une résistance rurale : des fermiers ont empêché les ventes aux enchères de leurs terres. Ce document illustre des formes pré-figuratives de « commons urbains » — la défense collective du droit à demeurer contre la logique propriétaire et bancaire, un terrain où l'habitat devient enjeu politique frontal.

En clair

Ce texte raconte comment, quand les banques et propriétaires expulsaient massivement les gens en crise économique (années 1930), les chômeurs australiens se sont organisés en comités de quartier pour les arrêter : piquets, occupation des maisons, actions devant la mairie. Ça montre qu'avec une vraie mobilisation collective, on peut défendre le droit à rester chez soi contre la logique du profit.

Extraits

Malgré la baisse des coûts de location, de nombreux Australiens ont eu du mal à garder un toit sur leur tête et la question des expulsions est devenue une enjeu clé pour les organisations de chômeurs.

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Les AEC s'approcheraient des personnes en danger d'expulsion et leur offriraient de mettre en place des piquets de grève et de fournir de la nourriture, une garde d'enfants, de l'aide au déménagement, etc.

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Une fois le piquet installé, des rassemblements communautaires et des manifestations seraient organisés pour rallier le soutien et quand la tentative d'expulsion commençait, des piquets à vélo étaient envoyés pour alerter les résidents et rassembler autant de foule que possible.

p. 3

Face à l'indignité d'avoir les sans-abri campant à leur porte, même les autorités les plus impitoyables trouvaient rapidement un logement.

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À la campagne, certains agriculteurs ont vu leurs terres vendues aux enchères par les banques auxquelles elles étaient hypothéquées. Tandis que la plupart ont refusé d'employer des tactiques radicales (et ont perdu leurs terres en conséquence), d'autres ont riposté.

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Férocement réprimés par la police et les paramilitaires de droite de la classe moyenne, plusieurs membres de l'UWM ont comparu devant les tribunaux, les succursales de Melbourne se vantant à un moment d'avoir assez de membres emprisonnés pour former une succursale à la prison de Pentridge.

p. 2
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