English version of the Rural Workers and Migration Working group of ECVC
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2022-09-15 Canva SCORE 4/10
Document original ↗Synopsis
Ce document est une newsletter de l'European Coordination Via Campesina (ECVC) datée d'août 2022, consacrée aux luttes syndicales de travailleurs agricoles dans les chaînes d'approvisionnement agroalimentaires européennes. Il documente deux cas d'études : d'abord le conflit à Sudaphi au Maroc, une entreprise de traitement de tomates qui impose unilatéralement de nouveaux contrats de travail, refuse les droits syndicaux, viole les normes de sécurité (absence de transport de nuit pour les femmes, conditions dangereuses, dépassement des heures légales) et réprime les délégués syndicaux avec l'appui des autorités; ensuite la lutte prolongée chez Eurosol en Almería (Espagne), où l'entreprise manipule les nouveaux travailleurs pour détruire le comité de travail, effectue des licenciements abusifs et continue de violer les conventions collectives malgré les pressions commerciales exercées par ses clients (dont Migros). Le texte souligne comment les « audits sociaux » menés par les grandes chaînes de distribution servent surtout à « blanchir » l'image des fournisseurs sans imposer de vrais changements; il montre aussi les limites d'une pression commerciale qui obtient des résultats ponctuels mais fragiles. Le document appelle à la solidarité internationale avec ces travailleurs et demande aux grandes distributions de contraindre réellement leurs fournisseurs au respect des droits. Il révèle une agriculture d'exportation intensive qui repose sur la précarité, l'absence de droits collectifs et la manipulation des travailleurs.
En clair
Le document raconte comment les travailleurs qui cultivent et transforment les tomates vendues dans les supermarchés suisses ou allemands se battent pour avoir le droit de se syndiquer et obtenir de meilleures conditions. Les patrons des exploitations refusent les syndicats et les supermarchés font semblant d'enquêter sur les abus sans vraiment les arrêter.
Extraits
En décembre 2021, Sudaphi a annoncé unilatéralement qu'elle imposait un nouveau contrat écrit permettant le transfert des employés vers des sites de production éloignés de leurs domiciles, sans consultation préalable avec eux ou leurs représentants syndicaux.
Les pratiques abusives de Sudaphi constituent une violation du droit à la libre association et à la négociation collective.
Après les congés d'été, l'exploitation a commencé à licencier les travailleurs ayant beaucoup d'ancienneté sous différents prétextes. En même temps, elle a convoqué une assemblée pour révoquer le Comité, au cours de laquelle les travailleurs nouvellement embauchés ont voté en bloc...contre un Comité qu'ils ne connaissaient pas, preuve évidente de la manipulation par l'entreprise.
Le rapport a ignoré la manipulation du personnel nouvellement recruté contre le Comité d'entreprise et le licenciement des employés qui soutenaient le Comité, l'interprétant comme « un conflit entre deux groupes de travailleurs ».
Migros a communiqué, peu de temps après, qu'elle avait demandé à Eurosol de ne plus licencier personne sans son accord. Bien que la demande de réintégration des travailleurs licenciés ait été ignorée, on a au moins obtenu qu'il n'y ait plus de licenciements jusqu'à la fin août.
Absence de transport de nuit pour les travailleuses (exigé par le Décret n° 2-04-568 établissant les conditions du travail de nuit des femmes du 29 décembre 2004).