O manejo dos Fundos de Pasto no nordeste baiano:

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Synopsis

Cet article analyse l'évolution des Fundos de Pasto du Sertão baiano — des territoires de pâturage collectif gérés en commun — comme cas d'étude de réforme agraire décentralisée et durable. Le texte retrace une généalogie complexe où les terres communes sont progressivement privatisées, tout en documentant les stratégies des communautés paysannes pour résister et adapter leur gestion collective. Lors de la colonisation portugaise, les sesmarias (concessions royales) laissaient intentionnellement une marge non attribuée entre propriétés, créant de facto des espaces de pâturage comun sur la caatinga. Au XVIIIe siècle, la crise économique provoque l'abandon de nombreuses terras devolutas, que des vaqueiros (vachers), caboclos et ex-esclaves s'approprient pour fonder des communautés paysannes. La Lei da Terra (1850) crée un marché foncier obligatoire mais régularise paradoxalement les posseiros, cristallisant les Fundos de Pasto comme propriété collective. À partir du XXe siècle, l'introduction du barbelé (années 1920), de races zebu plus productives, et de cultures commerciales pérennes (sisal, coton, capim buffel) fragmente progressivement ces communs. L'appropriation individuelle du droit d'usage de ressources exploitées collectivement — une enclosure discrète mais systématique — s'intensifie avec la modernisation d'État des années 1970 intégrant la production paysanne à l'économie de marché. Le projet EMBRAPA-CIRAD à Massaroca depuis 1986 tente d'inverser cette tendance en régularisant les titres collectifs et adaptant les systèmes de production tout en préservant l'écosystème de caatinga. Ce « laboratoire » représente un cas rare de réforme agraire ascendante où la redistribution et la gestion collective de la terre restent aux mains des paysans eux-mêmes.

En clair

Ce texte raconte comment les terres communes du Nordeste brésilien, exploitées collectivement par les paysans depuis des siècles, ont été progressivement privatisées par l'introduction du barbelé, des nouvelles races de bétail et des cultures commerciales. Il montre aussi comment une communauté à Massaroca se bats aujourd'hui pour régulariser ces terres comme propriété collective et en faire un modèle de réforme agraire alternative.

Extraits

Dans le nord de l'État de Bahia, on appelle Fundo de Pasto ou Fecho de Pasto les réserves de pâturage sur les terres utilisées pour le pâturage communautaire

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Ces terres communes font partie du patrimoine collectif des communautés rurales

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Ce cadre original d'utilisation et de redistribution des terres constitue un véritable laboratoire en matière de réforme agraire décentralisée et durable

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C'était une pratique courante de maintenir une marge d'une lieue, non attribuée entre deux propriétés, pour éviter le mélange des troupeaux

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L'appropriation individuelle du droit d'usage des ressources naturelles exploitées antérieurement de manière collective et faute de limites physiques

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Le manque de fourrages pendant les sécheresses a conduit, principalement, les grands propriétaires à clôturer leurs terres à partir des années 20

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La diffusion du fil de fer barbelé, remplaçant les clôtures en bois, permet de clôturer rapidement de grandes surfaces, avec peu d'entretien

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L'intégration de la production paysanne à l'économie de marché a été plus intense à partir de 1950 et surtout à partir des années 70

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