Mimmo_Nucleo_Pintoni_Attivi-36p-A5-livret
Infokiosques.net — Paysannerie & ruralité 2015-10-28 SCORE 6/10
Document original ↗Synopsis
Ce document rassemble des extraits d'entretiens avec Mimmo, ancien cheminot âgé de 69 ans, figure du Nucleo Pintoni Attivi, un collectif de résistants de plus de 50 ans engagé dans la lutte No TAV en Val de Susa (Italie du Nord). Le mouvement No TAV s'oppose depuis les années 2000 à la construction d'une ligne ferroviaire à grande vitesse (TAV Turin-Lyon), qu'il considère comme une imposition d'État qui détruit un territoire partagé et ses modes de vie. Le texte reconstitue l'historique de la lutte : les presidi (cabanes d'occupation défendant les sites de forage), la « Libre République de la Maddalena » (campement autonome de 35 jours en 2011), les affrontements massifs (75 000 manifestants en février 2012 scandant « Nous sommes tous des black blocks »), et les pratiques de sabotage (incendie d'une génératrice en mai 2013). L'originalité politique du Nucleo Pintoni Attivi réside dans sa démonstration que ce ne sont pas seulement des « jeunes anarchistes venus d'ailleurs », accusés de terrorisme par les médias et les autorités, mais des habitants eux-mêmes, parfois octogénaires, qui défendent leur vallée et leur vie collective. Le mouvement emploie l'occupation de sites et le sabotage comme formes de résistance contre l'accaparement territorial d'État, tout en maintenant une structure assemblée et une organisation collective très ancrée localement. Le texte soulève la tension centrale : comment une lutte territoriale et populaire affronte-t-elle les accusations de terrorisme, la répression judiciaire (1 000 procès en cours, 47 personnes condamnées à plus de 140 ans de prison cumulés), et les tentatives médiatiques et politiques de délégitimer la résistance en la présentant comme l'œuvre de militants professionnels radicaux plutôt que de habitants ordinaires ? La parole donnée à Mimmo illustre la reconquête d'un droit au récit : montrer que lutter pour son territoire, c'est aussi une affirmation vitale de sens collectif et de vie pleine — « la vie je veux la vivre jusqu'à la fin, et je la vis en luttant, pas en attendant là ».
En clair
Ce texte raconte comment des habitants d'une vallée italienne se battent ensemble contre un projet de train qui leur volerait leur territoire et leur vie collective. L'originalité, c'est que ce ne sont pas seulement des jeunes qui résistent : des gens de 70-80 ans, y compris des femmes, occupent les chantiers, s'assemblent, sabotent les machines, et disent « nous aussi on lutte ici ». Ça montre comment on défend collectivement un territoire.
Extraits
Je ne veux pas perdre ce que nous avons acquis jusqu'à aujourd'hui, je ne veux pas retourner au divan et à la télévision, et aux cartes au bar pour passer le temps en attendant la mort. La vie, je veux la vivre jusqu'à la fin, et je la vis en luttant.
Nous, nous avons un engagement auquel nous nous sommes voués : notre but est de détruire ce chantier de merde parce que de toute façon il ne sert à rien, il est inutile, il sert seulement à voler de l'argent à tous.
une maisonnette construite par le mouvement. C'est au cours des affrontements que Luca est grièvement blessé, foudroyé en tentant d'échapper à un policier qui voulait le déloger du pylône électrique où il s'était réfugié.
le message que ça transmettait, c'était que ce ne sont pas les habitants qui s'opposent, mais seulement des jeunes qui viennent détruire.
Le 22 mai 2011, les NO TAV s'installent à la Maddalena, le site où doivent commencer les travaux du nouveau tunnel exploratoire.
emblématiques presidi, ces cabanes occupant et défendant les lieux des forages
L'assemblée No TAV revendique la pratique du sabotage
Quelques femmes ont réussi à entrer en passant dans les broussailles. C'était dangereux mais elles sont entrées.