SEED HERITAGE OF THE PEOPLE FOR THE GOOD OF HUMANITY

La Vía Campesina — publications (WP REST) 2008-01-18 Corel PDF Engine Version 1.0.0.458 SCORE 8/10

Document original ↗

Synopsis

Ce recueil de témoignages du Forum des semences des femmes (septembre 2007, Corée du Sud) constitue un manifeste politique des femmes paysannes de l'Asie du Sud-Est et du Brésil organisées au sein de La Via Campesina. Le document articule une critique radicale de la dépendance alimentaire imposée par les politiques néolibérales, en plaçant les semences et leur conservation au cœur d'une lutte pour la souveraineté alimentaire et territoriale.

Le diagnostic : les politiques agricoles orientées vers l'exportation ont transformé l'agriculture paysanne en secteur asservi aux agro-industries transnationales. Le Chili illustre ce mécanisme : depuis 1970, les exportations ont augmenté de vingt fois tandis que la production locale de cultures vivrières (pommes de terre, blé, légumineuses) a diminué du même ordre. Cette inversion produit une double dépendance — économique et alimentaire — avec des conséquences sanitaires massives (obésité, diabète, hypertension).

Ce qui distingue le document : l'articulation entre féminisme agraire et souveraineté alimentaire. Les femmes paysannes ne sont pas des actrices secondaires mais les gardiennes historiques des semences. Le mouvement mobilise une stratégie multinationale conjuguant lutte matérielle (reprendre les semences, créer des banques locales) et lutte culturelle (réaffirmer le savoir paysan). L'échange de semences est conçu comme un « acte de contenu politique » réaffirmant la capacité souveraine des paysans à produire pour leurs peuples.

Le texte opère une articulation critique entre trois niveaux : conservation locale des semences par les femmes (micro), réseaux d'organisations paysannes régionales (méso), et politiques néolibérales de dépendance alimentaire, biopiraterie, réingénierie territoriale (macro). La souveraineté des semences est formulée comme lutte foncière et territoriale.

En clair

Les femmes paysannes d'Asie du Sud-Est s'organisent pour reprendre le contrôle de leurs semences, menacées par le vol des multinationales et les politiques qui les rendent dépendantes d'importations alimentaires. C'est une lutte pour l'indépendance alimentaire et la souveraineté territoriale de leurs pays.

Extraits

« La semence, patrimoine du peuple pour le bien de l'humanité » est bien connue aujourd'hui et a été adoptée par de nombreux mouvements sociaux au niveau international.

p. 8

Pour les paysannes, cela est devenu une forme puissante de résistance, d'action et d'organisation, et est au cœur de notre lutte pour la Souveraineté alimentaire.

p. 8

La Souveraineté alimentaire et la Semence vont de pair et toutes deux sont enracinées dans un ensemble de principes et de valeurs qui jaillissent de la lutte pour la terre et le territoire.

p. 9

L'échange ou le troc de semences est une action d'authentique contenu politique, qui montre clairement que la Souveraineté alimentaire et la Semence vont de pair.

p. 9

Le Droit des agriculteurs a été adopté dans un traité international comme droit à la FAO en 2001. Le Droit des agriculteurs définit le droit d'accéder, de préserver et de développer les ressources génétiques végétales.

p. 6

La terre sera divisée en zones organisées selon les besoins et intérêts des unités agro-industrielles à installer, dont beaucoup ont été créées par les sociétés transnationales.

p. 9

Le Chili est devenu de plus en plus dépendant des importations pour sa propre alimentation. Depuis 1970, les quantités exportées ont été multipliées par plus de vingt.

p. 10

Nous nous opposons à ce que les entreprises et le gouvernement monopolisent les semences pour les utiliser de manière commerciale. Nous devons récupérer nos ressources génétiques qui sont exportées à l'étranger.

p. 10
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