With the Peasants of Aragon

The Anarchist Library — OPDS (new releases) 2024-06-29 xdvipdfmx (20220710) SCORE 9/10

Document original ↗

Synopsis

Ce texte documente une expérience majeure de transformation collective des terres en Aragon pendant la guerre civile espagnole (1936-1939), rapportée par Augustin Souchy, observateur et militant anarcho-syndicaliste allemand. Environ 500 000 paysans et travailleurs agricoles sans-terre se sont volontairement engagés dans des collectivités fonctionnant selon les principes du communisme libertaire, mettant en commun leurs propriétés privées sans décrets imposés d'en haut. Ce qui distingue l'expérience aragonaise : son caractère VOLONTAIRE et DÉCENTRALISÉ, son respect de formes alternatives de propriété (comme les camions privés des chauffeurs), et l'absence totale de police ou de forces répressives d'État. Les collectifs s'appuient sur des coopératives de consommateurs et une structure fédéraliste héritée du mouvement libertaire espagnol datant de 1868. La CNT (Confédération nationale du travail), fondée en 1910, incarne cette conception du pouvoir : décentralisée, sans hiérarchie, sans porte-parole uniques. L'expérience émerge d'une lutte séculaire des journaliers agricoles sans terre aspirant à l'abolition de l'exploitation et au droit de vivre de la terre. Souchy souligne que cette transformation reste cohérente avec les principes les plus profonds du communisme libertaire : autonomie locale, diversité tolérée, décentralisation du pouvoir, et liberté. C'est un contrepoint historique décisif aux modèles étatistes de réforme agraire, démontrant que la libération des terres peut s'accompagner d'une abolition du pouvoir d'État et de l'émergence de commons gérés démocratiquement par les travailleurs eux-mêmes.

En clair

En 1936-1939, les paysans pauvres et ouvriers agricoles d'Aragon ont choisi volontairement de mettre en commun leurs terres et outils au lieu de les garder en propriété privée. Ils ont créé des villages entièrement autogérés, sans police ni chefs, où tous prenaient les décisions ensemble — une preuve vivante qu'une autre relation à la terre est possible.

Extraits

La majorité des 500 000 personnes de cette région rurale ont mis volontairement leurs biens personnels dans les collectifs et ont engagé leurs familles dans la vie libre et égalitaire du communisme libertaire.

p. 5

À la campagne, les ouvriers agricoles sans terre et les petits fermiers locataires rêvaient d'une fin à la faim et à la privation, et se battaient pour le droit de gagner leur vie sur la terre.

p. 6

Nous avons vu les collectifs, les coopératives de consommateurs installées dans d'anciennes églises, des magasins et des boutiques ayant appartenu à des commerçants particuliers.

p. 4

À ce moment-là, nous ne savions pas qu'il n'y avait ni police ni forces de sécurité armées dans une vaste zone englobant plusieurs centaines de villes et de villages avec une population d'un demi-million de personnes.

p. 4

Le mouvement ouvrier libertaire est né en Espagne en octobre 1868, suite à une visite de Giuseppi Fanelli, un camarade italien et partisan de Michel Bakounine.

p. 6

Le message de l'aile libertaire de la Première Internationale était : la libération de la classe ouvrière est la tâche des travailleurs eux-mêmes.

p. 6

Aucun prisonnier n'avait jamais essayé de s'échapper. Aucun n'avait jamais essayé de saisir une arme. Je savais que je voyais quelque chose de nouveau dans l'histoire de la guerre à petite échelle.

p. 4

Le caractère volontaire de la transformation sociale de la propriété privée aux communautés collectives est décrit en détail dans le récit à la première personne de ce qui s'est passé dans la ville d'Alcampel.

p. 5
Version interactive ↗ Fiches proches · BibTeX · partage par citation