Espacios agrarios y justicia de género: un caso de estudio en el País Vasco

discovery_promoted 2018-09-11 SCORE 7/10

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Synopsis

L'article de Leire Urkidi Azkarraga croise la géographie agraire et le féminisme pour analyser les injustices de genre vécues par les femmes paysannes basques (baserritarras). Basé sur une étude qualitative à Usurbil (Gipuzkoa) en 2014, le travail se concentre sur les expériences entre 1950 et 1980, quand l'activité agricole était encore dynamique. L'auteure pose un diagnostic politique : le système agro-alimentaire contemporain, centré sur la production marchande, ignore l'entretien de la vie et a marginalisé le campesinado espagnol depuis les années 1960, particulièrement les femmes. Ces dernières ont subi une triple discrimination (genre, ruralité, culture — notamment sous le franquisme) et ont disparu des récits historiques et des débats publics. L'article mobilise deux cadres théoriques : la Géographie du Genre (étude des relations homme-femme en exploitation agraire, relations de pouvoir familiales et communautaires) et la Justice de Genre selon Nancy Fraser et Iris Young, qui analyse les injustices sous trois axes : distribution (équité matérielle), reconnaissance (identité, statut symbolique) et participation (pouvoir de décision et de parole). L'approche est intersectionnelle : le genre, l'ethnie, la classe, la sexualité et la territorialité forment des systèmes de pouvoir entrecroisés. L'objectif central est de « faire présent l'absent » — rendre visibles les expériences des femmes agricultrice et les différentes formes de leur marginalisation, afin de reconceptualiser l'économie et la société autour de l'entretien de la vie plutôt que de la seule production marchande. Le texte esquisse une critique radicale du système agro-alimentaire industriel tout en proposant que les savoirs et expériences des femmes paysannes constituent une ressource de transformation sociale.

En clair

Les femmes paysannes du Pays Basque ont été complètement oubliées de l'histoire alors qu'elles ont construit et entretenu les fermes familiales — c'est un exemple des injustices énormes que subit celui qui travaille la terre quand personne ne l'écoute. Pour changer ce système alimentaire injuste, il faut d'abord reconnaître le travail des femmes qui le font marcher.

Extraits

La femme agricultrice a été absente de la narration historiographique et de la génération du discours tant au niveau quotidien que public.

p. 2

Le complexe agroalimentaire actuel symbolise l'injustice et l'insoutenabilité du système socio-économique ; un système centré sur la production qui occulte et dévalorise l'entretien et le soin digne de la vie humaine.

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La marginalisation du paysannat en Espagne et au Pays Basque depuis les années 60 trouve son expression maximale chez les femmes agriculteurs du fait de leur appartenance à des espaces doublement ou triplement discriminés.

p. 2

L'objectif central de cette recherche est de rendre présent l'absent ; en l'occurrence, l'expérience des femmes agriculteurs et les différents aspects de leur marginalisation.

p. 2

L'interface entre la terre et le genre est spécifique au niveau contextuel et ne peut être abordée adéquatement qu'à partir d'une compréhension qui dépasse les prescriptions globales.

p. 2

La théorie féministe intersectionnelle suggère que le genre, l'ethnicité, la classe, la sexualité ou la territorialité forment des systèmes de pouvoir mutuellement constitutifs.

p. 2

Young affirme que, bien que la distribution soit cruciale pour atteindre la justice, ce serait une erreur de réduire la justice sociale à l'équité.

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