Refroidir la planète : les communautés en première ligne mènent la lutte
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2016-11-04 Adobe PDF Library 11.0 SCORE 9/10
Document original ↗Synopsis
Ce rapport, publié en novembre 2016 au lendemain de la COP21 de Paris, rassemble les voix de seize leaders de mouvements sociaux issus des quatre continents pour la Convergence Globale des Luttes pour la Terre et l'Eau. Lancé en octobre 2014 lors du Forum Social Africain de Dakar et consolidé au Forum Social Mondial de Tunis en mars 2015, ce mouvement unifie les résistances contre l'accaparement des ressources naturelles et les violations des droits humains qui l'accompagnent. L'enjeu central est de démontrer que l'accaparement de la terre, de l'eau et de l'océan ne résulte pas seulement des catastrophes climatiques, mais découle souvent des mécanismes imposés justement pour endiguer le changement climatique — ce que le rapport appelle les « fausses solutions ». Six leaders dénoncent comment, au nom du « développement » (barrages, extraction minière), de la « sécurité alimentaire » (bioénergie), de la « protection de l'environnement » (REDD+, carbone bleu) ou de l'énergie « renouvelable », des acteurs puissants confisquent l'accès à la terre et à l'eau de millions de personnes. Face à cela, le rapport pose un principe politique : le contrôle et l'accès des peuples à la terre et à l'eau sont essentiels pour endiguer réellement le changement climatique. La vraie solution passe par la souveraineté alimentaire et des peuples — c'est-à-dire le droit des paysans, indigènes et producteurs de décider eux-mêmes de l'usage de leurs territoires. Le document souligne que les petits producteurs, agriculteurs, populations indigènes, pêcheurs et populations urbaines sont à la fois les principales victimes de l'accaparement et les porteurs de vraies solutions, ancrées dans leurs savoirs et expériences. Il dénonce aussi le coût humain caché : dans le monde entier, des défenseurs des terres sont harcelés, emprisonnés ou tués. La convergence internationale devient donc une nécessité stratégique.
En clair
Les paysans, indigènes et habitants du monde entier expliquent pourquoi les solutions climatiques imposées par les gouvernements et multinationales les dépossèdent de leurs terres. Ils proposent leurs vraies solutions : reprendre ensemble le contrôle de la terre et de l'eau, gérer nos ressources nous-mêmes, et produire notre nourriture sans dépendre des projets verts qu'on nous impose.
Extraits
L'accaparement de la terre, de l'eau et de l'océan, ainsi que les injustices alimentaires et climatiques ne sont pas des problèmes séparés : ils sont au contraire profondément liés.
les petits producteurs et les consommateurs d'aliments, les agriculteurs, les populations indigènes, les chasseurs et les cueilleurs, les familles paysannes, les travailleurs ruraux, les éleveurs et les bergers-pasteurs, les pêcheurs
Nous, mouvements sociaux, organisations de base et organisations de la société civile, engagés dans la défense des droits à la terre et à l'eau, nous résistons et luttons.
Le contrôle et l'accès des peuples à la terre et à l'eau sont essentiels pour la paix, pour contrer le changement climatique et pour garantir les droits humains fondamentaux
dans le monde entier des personnes sont harcelées, emprisonnées ou tuées parce qu'elles défendent leurs terres, leurs forêts et leurs océans.