BRIEF ANALYSIS OF THE SITUATION IN HAITI
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2021-07-16 SCORE 6/10
Document original ↗Synopsis
Ce document est une analyse politique de la crise haïtienne (2011-2021) centrée sur le régime du PHTK et ses impacts économiques catastrophiques. Bien que focalisé sur la corruption gouvernementale, la lutte contre le pouvoir et l'assassinat du président Jovenel Moïse, le texte soulève des enjeux fonciers et paysans essentiels. Le document explique comment dix ans de mauvaise gouvernance ont provoqué une effondrement économique sans précédent : le PIB a chuté de 13,1 milliards de dollars à 8,3 milliards ; la monnaie (gourde) a perdu 140 % de sa valeur ; les salaires réels se sont effondrés. Les paysans en sont les premières victimes. L'exode rural est brutal : les jeunes abandonnent l'agriculture et les terres familiales, pressés de migrer vers les villes ou l'étranger (300 000 jeunes en deux ans vers le Chili seul) pour devenir chauffeurs de moto plutôt que paysans. Cette désertification agricole a des causes structurelles : le régime PHTK, avec l'appui du gouvernement américain et de la Banque mondiale, prépare une nouvelle constitution destinée à permettre aux transnationales d'acheter légalement les terres haïtiennes et de contrôler ses ressources naturelles. Le texte qualifie explicitement ce projet comme étant « un projet de terminer la paysannerie » — une forme directe d'accaparement des terres par les puissances impérialistes. Tout cela sur un fond d'effondrement écologique : la couverture forestière est passée de 80 % (1804) à 1 % (aujourd'hui). En conclusion du document, une transition gouvernementale est proposée avec plusieurs tâches urgentes, dont la promotion de l'agroécologie et de l'agriculture paysanne pour le retour à la souveraineté alimentaire. Cet élément final — proposer l'agroécologie comme voie de sortie — montre une articulation implicite entre reconstruction politique et reconstruction foncière/alimentaire.
En clair
Haïti perd ses paysans et ses terres à cause de la corruption, de la pauvreté extrême et d'un plan étranger pour privatiser les terres au profit des grandes entreprises transnationales. Le texte montre pourquoi la souveraineté alimentaire et l'agroécologie doivent être au cœur d'une reconstruction politique, mais sans en proposer les formes concrètes.
Extraits
Les forces impérialistes poussent à l'adoption d'une nouvelle constitution nationale qui permettrait aux sociétés transnationales d'acheter ouvertement et légalement des terres en Haïti pour contrôler les ressources naturelles du pays. C'est un projet de terminer la paysannerie, un projet de pillage défini dans le plan d'économie verte.
Les agriculteurs sont les premières victimes des gouvernements de la PHTK. L'exode rural est cruel. La plupart des jeunes migrent vers les villes pour devenir chauffeurs, abandonnant la production alimentaire. Ils pressent leurs parents de vendre leurs terres pour acheter des motos ou des billets d'avion.
Haïti a été le premier pays noir à obtenir son indépendance par le sang et la vie de ses combattants le 1er janvier 1804... les forêts originelles ont été réduites à environ 1 %.
Selon l'économiste Enomy Germain, de décembre 2010 à décembre 2020, la gourde haïtienne a perdu 140 % de sa valeur. C'est incroyable, inimaginable. Mais c'est ainsi. Les masses ne peuvent pas vivre décemment.
Promouvoir l'agroécologie et l'agriculture paysanne pour retrouver la souveraineté alimentaire.