La Via Campesina's Open Book: Celebrating 20 Years of Struggle and Hope
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2013-05-17 SCORE 9/10
Document original ↗Synopsis
Ce document est une analyse historique et politique de La Via Campesina, présentée par Annette Aurélie Desmarais et Paul Nicholson. La Via Campesina est présentée comme le mouvement agraire transnational le plus significatif politiquement aujourd'hui, fédérant 148 organisations de 69 pays. L'organisation est née en 1993 (Mons, Belgique) en réaction directe à l'Uruguay Round du GATT et à l'émergence du néolibéralisme dans les politiques agricoles internationales. Le document analyse le contexte qui a motivé sa création : la menace systémique pesant sur le contrôle paysan des ressources fondamentales (terre, territoire, semences, eau), sous l'effet combiné de la globalisation d'un modèle agricole industriel et néolibéral et de la concentration croissante du pouvoir agro-alimentaire. Le texte oppose deux visions radicalement différentes : d'une part, un modèle globalisé, néolibéral, piloté par les corporations, où l'alimentation est réduite à une marchandise et l'agriculture à une entreprise de profit ; d'autre part, la vision portée par La Via Campesina d'un monde rural plus humain, fondé sur la production paysanne à petite échelle, l'utilisation de ressources locales et l'orientation vers les marchés domestiques. La souveraineté alimentaire émerge comme cadre unificateur de ce projet alternatif. Le document soulève aussi un enjeu critique : la reconnaissance de la violence patriarcale systémique au sein des sociétés rurales et, par ricochet, au sein même du mouvement paysan. En citant la Déclaration de Maputo (Conférence V), le texte établit un lien explicite entre capitalisme, patriarcat et néolibéralisme, affirmant que sans éradication de la violence envers les femmes et création de nouvelles relations de genre, le mouvement ne pourra pas construire la nouvelle société qu'il vise.
En clair
La Via Campesina est une organisation mondiale de paysans qui se battent pour rester propriétaires de leurs terres, garder le contrôle de leurs semences et de l'eau, et nourrir leurs propres pays au lieu d'être obligés de vendre aux grandes entreprises multinationales. Ce texte explique aussi que les femmes paysannes subissent une violence doublement ancrée (patriarcat + capitalisme), et que le mouvement doit combattre ça de l'intérieur s'il veut vraiment réussir.
Extraits
Nous sommes des hommes et des femmes de la terre, nous sommes ceux qui produisent la nourriture du monde. Nous avons le droit de continuer à être paysans et agriculteurs familiaux, et d'assumer la responsabilité de continuer à nourrir nos peuples.
Le droit des petits agriculteurs à une campagne vivante... Le droit à une agriculture diversifiée... Le droit de chaque pays de définir sa propre politique agricole...
Le déplacement continu, l'urbanisation forcée et la répression des paysans ne peuvent être tolérés. Nous dénongons fortement toute violence contre les paysans.
L'imposition de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et des accords commerciaux régionaux détruit nos moyens de subsistance, nos cultures et l'environnement naturel... Notre lutte est historique, dynamique et intransigeante.
De plus en plus, les paysans et les petits agriculteurs partout étaient expulsés des terres... En conséquence, les paysans ont activement résisté à l'imposition d'une agriculture industrielle hautement capitalisée, monoculture.