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La Vía Campesina — publications (WP REST) 2008-03-05 Corel PDF Engine Version 3.0.0.576 SCORE 9/10

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Synopsis

La Déclaration de Nyéléni 2007 est un texte fondateur d'un mouvement mondial pour la souveraineté alimentaire, rédigé par plus de 500 représentant·es de 80 pays (paysans·nes, peuples autochtones, sans-terre, pêcheur·ses, femmes, jeunes, mouvements environnementaux). Réuni·es au village de Nyéléni au Mali, ce rassemblement redéfinit la souveraineté alimentaire non comme un concept technique ou marchand, mais comme un droit politique : « le droit des peuples à une alimentation saine et culturellement appropriée, produite par des méthodes écologiquement durables, et leur droit de définir leurs propres systèmes alimentaires et agricoles ». Le texte place au cœur de cette vision la terre et son contrôle : c'est explicitement une lutte pour que « les droits d'usage et de gestion de nos terres, territoires, eaux, semences, bétail et biodiversité restent entre les mains de celles et ceux qui produisent la nourriture ». La déclaration articule une critique frontalière du capitalisme néolibéral, de l'impérialisme, du patriarcat et des « technologies destructrices » (OGM, monocultures industrielles, agriculture industrielle) qui menacent les capacités productrices des paysans et paysannes. Elle défend une vision collective : paysannerie, peuples autochtones, pêcheurs artisanaux, pasteurs et pastorales, travailleurs ruraux et migrants doivent retrouver leurs droits collectifs sur la terre et les ressources. Sur la question foncière précisément, le texte appelle à une « réforme agraire intégrale et véritable » qui garantisse aux paysans « les droits complets sur la terre », défende et récupère « les territoires des peuples autochtones », et assure « l'accès et le contrôle » des terres de pêche et des routes pastorales. Un accent particulier est mis sur le rôle historique et contemporain des femmes : productrices de 80 % de la nourriture dans les pays les plus pauvres, dépositaires de la biodiversité et des savoirs agricoles, elles doivent être actrices à part entière dans les décisions. La déclaration dessine un monde où la terre, l'eau, les semences et la biodiversité cessent d'être des marchandises et redeviennent des communs gérés par et pour les communautés qui les travaillent.

En clair

Ce texte montre que partout dans le monde, les paysans et paysannes se sont organisés ensemble pour dire : c'est nous qui devrions décider comment cultiver nos terres et nourrir nos peuples, pas les grandes entreprises ou les gouvernements. Concrètement, c'est utile pour les luttes locales parce qu'ça montre qu'on n'est pas seul·es — qu'on peut lier nos combats (sans-terre, autochtones, femmes, petits agriculteurs) autour d'une même vision : la terre comme bien collectif, pas comme marchandise.

Extraits

La souveraineté alimentaire est le droit des peuples à une alimentation saine et culturellement appropriée, produite par des méthodes écologiquement viables et durables, ainsi que leur droit de définir leurs propres systèmes alimentaires et agricoles.

p. 3

Elle garantit que les droits d'utiliser et de gérer nos terres, territoires, eaux, semences, bétail et biodiversité se trouvent entre les mains de ceux d'entre nous qui produisent de la nourriture.

p. 3

...il y a une véritable et intégrale réforme agraire qui garantit aux paysans des droits complets à la terre, défend et récupère les territoires des peuples autochtones...

p. 3

La souveraineté alimentaire implique de nouvelles relations sociales libérées de l'oppression et de l'inégalité entre les hommes et les femmes, les peuples, les groupes raciaux, les classes sociales et les générations.

p. 3

Les femmes, qui ont historiquement détenu les connaissances sur l'agriculture et l'alimentation, qui continuent à produire jusqu'à 80 % de la nourriture dans les pays les plus pauvres, et qui sont aujourd'hui les principales gardiennes de la biodiversité

p. 5

La privatisation et la marchandisation de la nourriture, des services de base et des services publics, des connaissances, de la terre, de l'eau, des semences, du bétail et de notre patrimoine naturel

p. 4

...nous partageons nos terres et territoires pacifiquement et équitablement entre nos peuples, que nous soyons paysans, peuples autochtones, pêcheurs artisanaux, pasteurs, ou autres

p. 4

La souveraineté alimentaire privilégie les économies et les marchés locaux et nationaux et renforce l'agriculture paysanne et celle conduite par les agriculteurs familiaux

p. 3

La plupart d'entre nous sommes des producteurs alimentaires et nous sommes prêts, capables et disposés à nourrir tous les peuples du monde. Notre héritage en tant que producteurs alimentaires est critique pour l'avenir de l'humanité.

p. 3

...où tous les peuples ont le droit de défendre leurs territoires contre les actions des sociétés transnationales

p. 4
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