Declaration of Solidarity and Commitment to the rights of Migrants and Refugees around the world
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2024-01-13 SCORE 7/10
Document original ↗Synopsis
Cette déclaration de La Vía Campesina, adoptée en décembre 2023 à Bogotá, établit un lien explicite entre l'accaparement des terres et des ressources paysannes d'une part, et la migration forcée d'autre part. Le texte affirme que des millions de personnes quittent leurs territoires non par choix, mais du fait « du pillage des ressources et de la destruction des économies locales, principalement paysannes » par les puissances économiques transnationales, aggravées par les guerres, catastrophes climatiques et l'ordre capitaliste colonial. La Via Campesina, qui inclut de nombreuses organisations de migrants et travailleurs ruraux salariés, revendique que la protection des droits des paysans à la terre, à la souveraineté alimentaire et à la liberté de circulation constituent un même cadre de lutte. Le mouvement refuse de séparer la résistance de ceux qui restent et se battent dans leurs territoires de celle de ceux contraints de migrer, et appelle à un pacte mondial de solidarité. Le texte oppose à ce régime destructeur une vision d'« unité paysanne » où réforme agraire, agroécologie et droits des paysans forment les piliers d'une nouvelle société où nul ne serait forcé de migrer. C'est une critique radicale du système agroalimentaire mondialisé et du capitalisme global, articulée comme enjeu de justice migratoire.
En clair
Ce texte dit que si les paysans et paysannes sont forcés de quitter leurs terres et de migrer, c'est parce que des grandes entreprises multinationales et des États les en dépouillent. La Via Campesina réclame qu'on respecte le droit des paysans à rester et cultiver leurs terres, et aussi le droit de ceux qui partent. Pour y arriver, il faut transformer l'agriculture industrielle en agroécologie et réformer les systèmes fonciers. En clair : pour que les gens n'aient plus besoin de partir, il faut d'abord arrêter de leur voler la terre.
Extraits
l'accaparement et le pillage des ressources et la destruction des économies locales, principalement paysannes, par le pouvoir économique transnational
la défense des droits des paysans à la terre, de la souveraineté alimentaire, de la liberté de circulation et de l'égalité des droits civils, du travail, sociaux et politiques pour tous les migrants
Grâce à notre unité paysanne, nous continuerons à semer la réforme agraire, l'agroécologie, la souveraineté alimentaire, l'organisation syndicale et la mobilisation pour les droits paysans
la défense des droits des paysans à la terre, de la souveraineté alimentaire, de la liberté de circulation
un système commercial et agroalimentaire qui détruit notre planète et toutes les populations qui y vivent
Les gouvernements autoritaires et les institutions internationales sont complices, en mettant en place une structure réglementaire et militaire qui stigmatise, réprime et assassine ceux qui décident de migrer aux frontières
à la fois les paysans qui restent et se battent sur leurs territoires et ceux qui décident de migrer
Tout cela force les gens à quitter leurs territoires
grâce à notre unité paysanne, nous continuerons à semer la réforme agraire, l'agroécologie, la souveraineté alimentaire