Ogm, fin de partie — version page par page
Infokiosques.net — Paysannerie & ruralité 2004-09-20 SCORE 5/10
Document original ↗Synopsis
Ce texte propose une critique radicale et systémique de la dissémination mondiale des OGM, en dénonçant comment elle procède, non pas contre les résistances civiques, mais grâce à elles. L'auteur analyse la loi européenne de juillet 2003 sur l'étiquetage obligatoire des OGM comme un faux accord écologiste qui, loin de freiner l'innovation transgénique, en constitue la légalisation progressive. Il montre comment la double filière (« avec » ou « sans » OGM) est une illusion : aucune filière pure ne peut subsister face à la contamination génétique « naturelle ». Les Verts et les associations de consommateurs y sont décrits comme des rouages de cette dissémination, fournissant une apparence de légitimité démocratique à une stratégie de normalisation forcée. L'exemple brésilien (légalisation du soja OGM sous un gouvernement altermondialiste de Lula) illustre comment même les gouvernements anti-libéraux se plient à cette imposition. Le texte aborde aussi le rôle des chercheurs : d'un côté, la destruction de champs transgéniques (Cirad 1999, Inra 2000), incarnée par José Bové et René Riesel, suscite l'indignation des écologistes ; de l'autre, la communauté scientifique se divise entre ceux qui défendent la recherche par pétition (« Ouvrons la recherche ! ») et ceux qui la défendent davantage (« Défendons la recherche ! »). Pour l'auteur, cette controverse scientifique dissimule une complicitéplus profonde : l'OGM s'impose mondialement comme « kit export » de la démocratie occidentale, au même titre que le terrorisme d'État ou la libre entreprise. La victoire contre les OGM est structurellement impossible dans ce régime.
En clair
Ce texte dénonce comment les lois « écologistes » sur les OGM ne freinent rien : elles légalisent juste leur dissémination sous apparence de contrôle démocratique, et comment même les gouvernements contre les OGM finissent par les autoriser face à la contamination massive. Utile pour comprendre que le problème n'est pas les OGM seuls, mais le système marchand qui les impose malgré les promesses réformistes.
Extraits
«Illusion», car jusqu'ici, personne, ni ministre, ni scientifique, ni firme, n'a réussi à énoncer les conditions dans lesquelles les OGM végétaux ne contamineraient pas les plantes d'une même famille sur un même territoire.
Laissons tout contaminer, à condition que les fautifs soient tenus pour responsables financièrement. C'est la légitimation bien moderne du droit de polluer.
Le Brésil avait toujours interdit la culture et l'importation du soja transgénique. Mis devant le fait accompli, le gouvernement a été forcé d'en légaliser la culture : 10 à 30 % de sa production interne était déjà transgénique.
Les efforts altermondialistes pour prétendre « encadrer le développement » des OGM normalisent de fait leur prolifération.
Les OGM sont partout, cultivés par 6 millions d'agriculteurs sur plus de 68 millions d'hectares dans le monde!
Cette lettre salue en Bové le «lanceur d'alerte» qui dénonce des «dangers – comme la contamination – jusque-là insoupçonnés» (sic).
La destruction du champ d'OGM «thérapeutiques» destinés à produire de la lipase gastrique (médicament employé dans un traitement palliatif des malades atteints de la mucoviscidose) touchait en effet un point central de la propagande du complexe génético-industriel.
Une poignée d'hommes d'État. Ce petit monde armé essentiellement de caméras a prétendu s'opposer aux OGM en négociant des conditions acceptables à leur mise en place.