201411191735100.JornalEconomistasRioTextoRedCFje_jun2004_03
MST Brésil — biblioteca (WP REST API) 2014-11-19 iText 1.5.2 (release for Eclipse/BIRT by lowagie.com) SCORE 6/10
Document original ↗Synopsis
Ce texte, présenté par Celso Furtado à la III Conférence Internationale du Réseau Celso Furtado en 2004, interroge le « mauvais développement » brésilien : malgré une croissance économique rapide dans les années 1950-60, l'amélioration réelle des conditions de vie de la majorité de la population n'a pas suivi. Furtado attribue ce décalage à l'absence de projet social véritable et à la persistance extrême de la concentration des revenus. Il identifie deux fronts politiques capables de produire un changement qualitatif authentique : la réforme agraire et une industrialisation adaptée aux technologies de pointe. L'argument central est que la structure agraire constitue le principal facteur de concentration des revenus au Brésil, car la population rurale, privée de toute perspective d'amélioration, migre vers les villes, y congestionnant l'offre de main-d'œuvre. Une nouvelle structure agraire doit avoir pour objectif principal de donner « de l'élasticité à l'offre d'aliments de consommation populaire ». Furtado critique à la fois la grande agriculture capitalisée (trop exigeante en capital, efficace seulement dans certains secteurs) et les réformes agraires ayant débouché sur la collectivisation des terres (« qui ont échoué économiquement », dit-il, car les structures agrarires traditionnelles engendraient la passivité). Il propose donc un troisième chemin : libérer les agriculteurs pour qu'ils deviennent des « acteurs économiques dynamiques ». Ce positionnement révèle une pensée économique de gauche, critique du modèle d'ajustement structurel imposé par les créanciers internationaux, mais aussi réticente aux modèles soviétiques de collectivisation. C'est une voix importante de la tradition développementaliste latino-américaine, qui place la terre et la paysannerie au cœur de toute stratégie d'égalisation économique. Le texte invite à repenser la réforme agraire non pas comme modernisation productiviste, ni comme simple redistribution technocratique, mais comme libération politique des agriculteurs.
En clair
Ce texte d'un grand économiste brésilien explique pourquoi le problème foncier est au cœur de l'inégalité au Brésil, et pourquoi changer la structure agraire est indispensable pour un vrai développement. C'est utile pour comprendre les origines intellectuelles latino-américaines des débats sur la terre et l'alimentation, même s'il ne parle pas des mouvements paysans actuels ni de l'agroécologie.
Extraits
Duas frentes seriam, em meu entender, capazes de suscitar uma autêntica mudança qualitativa no desenvolvimento do país: a reforma agrária e uma industrialização que facilite o acesso às tecnologias de vanguarda.
O verdadeiro objetivo da reforma agrária é liberar os agricultores para que se transformem em atores dinâmicos no plano econômico.
No caso brasileiro, a estrutura agrária é o principal fator que causa a extremada concentração da renda.
As reformas agrárias que desembocaram na coletivização das terras fracassaram, do ponto de vista econômico, pois as estruturas agrárias tradicionais engendram a passividade
Uma nova estrutura agrária deverá ter como principal objetivo dar elasticidade à oferta de alimentos de consumo popular.
o desenvolvimento se caracteriza pelo seu projeto social subjacente