Global Campaign for Peasant Seeds, a Heritage of Peoples in the Service of Humanity
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2022-02-22 Adobe PDF Library 15.0 SCORE 9/10
Document original ↗Synopsis
Ce module de formation de La Via Campesina synthétise deux décennies de lutte pour les semences paysannes comme cœur de la souveraineté alimentaire et de l'autonomie paysanne. Lancée en 2001-2002 par l'Assemblée continentale des femmes rurales, la « Global Campaign for Peasant Seeds, a Heritage of Peoples in the Service of Humanity » repose sur un postulat politique central : les semences sont l'héritage commun de l'humanité, non une marchandise brevetable ou propriété privée.
Le texte articule cette défense des semences à une critique systématique du néolibéralisme, de l'agribusiness, des OGM et des politiques commerciales libérales du WTO. Face à l'avancée de ces menaces depuis 1993 (année de fondation de La Via Campesina), les organisations paysannes ont identifié que la conservation des terres, des semences et l'autonomie alimentaire constituent l'essence même de la survie paysanne et de la dignité rurale.
Au cœur du mouvement, les femmes paysannes occupent une place politique de première importance : historiquement gardiennes de la biodiversité, sélectionnatrices, conservatrices et multiplicatrices des variétés locales adaptées aux territoires, elles sont présentées comme expertes et décideurs. Les témoignages inclus illustrent comment les femmes assurent la continuité des savoirs et des pratiques de conservation. Ce féminisme paysan reconnaît le travail reproductif et de soin comme central à la souveraineté alimentaire.
En réponse à la privatisation imposée par l'industrie semencière et les traités commerciaux, La Via Campesina propose un modèle alternatif : échange libre de semences, conservation et multiplication locales, foires paysannes où se partagent les graines et les savoirs. Les semences doivent « rester vivantes sur la terre, cultivées, et se souvenir dans la nourriture, dans les fêtes, sur les marchés ». Cette vision traduit une économie politique de l'autonomie : qui contrôle les semences contrôle l'alimentation.
Le document synthétise trois dimensions : la critique du régime mondial de propriété intellectuelle appliqué aux semences ; l'expérience pratique accumulée (conservation, multiplication, échange) ; et une vision transformatrice de souveraineté alimentaire fondée sur « dignité, solidarité et éthique ». L'enjeu juridique est explicite : reconnaître les semences comme droit des peuples (art. 19 de la UNDROP, 2018) légitime le droit à cultiver, conserver et multiplier sans intermédiaire marchand, refusant ainsi la dépendance technologique imposée par les firmes transnationales.
En clair
Ce texte montre comment les paysans et surtout les femmes du monde entier se battent pour garder le contrôle de leurs semences plutôt que de les acheter chaque année aux grandes entreprises. Pour eux, les semences ne sont pas une marchandise, c'est leur liberté de cultiver et de nourrir leurs familles sans dépendre de personne.
Extraits
Chaque organisation, région et processus au sein de La Via Campesina a la tâche permanente de semer, protéger et récolter la Souveraineté alimentaire.
Notre objectif politique est de réaliser la Souveraineté alimentaire, qui vise à renforcer et reconstruire les systèmes alimentaires locaux et à coordonner un nouveau modèle de relations économiques et sociales basé sur la dignité, la solidarité et l'éthique.
À mesure que le néolibéralisme s'avançait et s'imposait de plus en plus dans le monde, diverses organisations paysannes ont vu comment les possibilités de conserver les terres et les semences, de continuer à travailler dans les zones rurales et d'avoir une vie digne devenaient de plus en plus difficiles.
Les femmes diverses de la campagne ont été liées, tant dans le passé qu'aujourd'hui encore, à la sélection, au nettoyage et à la conservation des semences.
Nous, femmes, gardiennes ancestrales des semences, déclarons que celles-ci sont l'héritage de nos communautés, de nos peuples et de toute l'humanité. Nous rejetons vigoureusement la brevetabilité des semences et l'intrusion des semences transgéniques sur nos terres.
les semences comme l'« héritage commun de l'humanité » et le fondement de la Souveraineté alimentaire
Les semences doivent être maintenues vivantes sur la terre, cultivées, et rappelées dans la nourriture, dans les festivals, dans les marchés. Elles doivent marcher avec le peuple et être partagées sous l'engagement d'en prendre soin correctement.
La Campagne mondiale pour les semences nous a fait voir que les semences sont magiques. Elles éveillent notre joie, notre fierté et notre force pour continuer à nous battre pour en prendre soin et les maintenir vivantes, tandis qu'en même temps elles nous nourrissent aussi.
Face à l'avancée des OGM, des monocultures et des lois de privatisation des semences, nous avons vu l'urgence de défendre nos semences et leur richesse extraordinaire.