Food Sovereignty and Mother Earth
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2016-12-11 Adobe PDF Library 9.9 SCORE 9/10
Document original ↗Synopsis
La newsletter Nyéléni n°28 (décembre 2016) expose un clivage politique fondamental autour de l'agroécologie. Depuis la reconnaissance croissante de l'agroécologie par les institutions internationales (FAO, gouvernements, universités, corporations), un conflit s'intensifie entre deux visions irréconciliables. D'un côté, les institutions et corporations tentent de réduire l'agroécologie à un ensemble de techniques (« climat-smart agriculture », « intensification écologique ») pour affiner l'agriculture industrielle tout en laissant les structures de pouvoir intactes. De l'autre, les mouvements mondiaux de paysans, peuples autochtones, travailleurs ruraux, pêcheurs et agriculteurs familiaux (regroupés notamment dans la Via Campesina et l'IPC pour la souveraineté alimentaire) affirment une agroécologie résolument politique, tournée vers la transformation des rapports de propriété foncière, des structures de pouvoir et de la relation à la Terre-Mère. Le document reprend la Déclaration du Forum International d'Agroécologie à Nyéléni (Mali, février 2015), qui énonce les piliers d'une agroécologie portée par ceux qui produisent 70 % de l'alimentation mondiale : enracinement territorial, droits collectifs et accès aux communs, savoirs locaux et autonomie face aux marchés globalisés, leadership des femmes, lutte contre l'accaparement des terres et la criminalisation des mouvements. Le document se positionne clairement : rejeter la co-optation techniciste et défendre une agroécologie comme arme de décolonisation, de redistribution foncière et de transformation écologique radicale.
En clair
Ce texte explique que les grandes institutions (ONU, gouvernements, corporations) essayent de « voler » l'agroécologie en la vidant de son sens politique, la réduisant à des astuces techniquesécolo pour continuer l'agriculture industrielle, tandis que les vrais mouvements paysans la défendent comme outil de changement : redonner la terre aux paysans, le pouvoir aux communautés, respecter les femmes, protéger les communs et la nature. Si tu veux renforcer une lutte pour la terre et le foncier paysan, ce texte te donne les mots pour rejeter les faux compromis écolo des institutions.
Extraits
Ils veulent prendre ce qui est utile pour eux – la partie technique – et l'utiliser pour affiner l'agriculture industrielle, tout en se conformant au modèle de monoculture et à la domination du capital et des corporations.
Leur agroécologie est purement technique, notre agroécologie est politique.
L'agroécologie est devenue un territoire en litige.
Ensemble, les divers constituants que nos organisations représentent produisent environ 70% de la nourriture consommée par l'humanité. Ils sont les principaux investisseurs mondiaux dans l'agriculture.
L'agroécologie signifie que nous nous tenons ensemble dans le cercle de la vie, et cela implique que nous devons aussi nous tenir ensemble dans le cercle de la lutte contre l'accaparement des terres et la criminalisation de nos mouvements.
Les droits collectifs et l'accès aux biens communs sont un pilier fondamental de l'agroécologie.
Les territoires sont un pilier fondamental de l'agroécologie. Les peuples et les communautés ont le droit de maintenir leurs propres relations spirituelles et matérielles à leurs terres.
L'agroécologie est politique ; elle nous oblige à remettre en question et à transformer les structures de pouvoir dans la société. Nous devons mettre le contrôle des semences, de la biodiversité, des terres et des territoires, des eaux, du savoir, de la culture et des biens communs entre les mains des peuples qui nourrissent le monde.
Pour nous, ce ne sont pas de l'agroécologie : nous les rejetons, et nous combattrons pour exposer et bloquer cette appropriation insidieuse de l'agroécologie.