Développer l’ingénierie participative par le recours aux savoirs des communs fonciers
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Document original ↗Synopsis
Cet article de Florence Lerique propose de recourir aux savoirs et à l'expérience des communs fonciers pour renforcer l'ingénierie territoriale des communes rurales. Le constat est double : d'un côté, les petites communes rurales manquent cruellement d'ingénierie administrative et technique pour mettre en œuvre leurs projets de développement et d'aménagement territorial (entretien des chemins, gestion des forêts, services culturels). De l'autre, des communautés villageoises gèrent depuis des siècles des propriétés collectives (communaux, sections de commune, consortages) et possèdent un savoir-faire pluriel en matière d'entretien durable des ressources naturelles — affouage (droit d'usage collectif de coupe de bois), irrigation, gestion des paysages. L'article souligne que ces pratiques ancestrales, notamment en montagne (Savoie, Haute-Savoie, Massif central, Vosges, Pyrénées), n'ont pas été reconnues comme une ressource d'ingénierie à part entière. L'État, face au manque d'ingénierie dans les communes rurales, a répondu de manière classique (programmes financiers, administratifs) sans percevoir la participation citoyenne comme une source de compétences. Pire, l'article note une « méfiance des agents de l'État » voire un rejet de certaines pratiques comme l'affouage, pourtant inscrit en 2025 au patrimoine culturel immatériel. Le document analyse les programmes récents (Petites villes de demain, Villages d'avenir) et montre que les communs fonciers y demeurent un « impensé », alors même que les territoires de montagne (où concentrent ces propriétés collectives) sont surreprésentés dans le dispositif. L'autrice propose de réarticler l'ingénierie publique en valorisant l'engagement citoyen et les savoirs situés des communautés locales.
En clair
Les petites communes rurales n'ont pas les moyens de maintenir leurs forêts et leurs terres. Or il y a des habitants qui gèrent depuis des siècles des terres communes et savent très bien le faire — mais l'État et les mairies ne leur demandent jamais conseil. C'est du gâchis.
Extraits
Dans les communs fonciers, quelles qu'en soient les formes (communaux, sectionaux, consortages, etc.), les membres actifs font vivre les droits d'usage et ont des devoirs d'entretien.
Des pratiques et savoirs ancestraux d'entretien des paysages, d'irrigation, de coupe de bois, etc. sont mobilisés au sein des communs fonciers
L'affouage, ou droit de coupe de bois à des fins domestiques. Ce droit d'usage collectif permet d'entretenir les forêts sur le temps long.
C'est bien parce que les communs fonciers, en tant que forme de propriété collective, assurent une fonction sociale qu'il est essentiel de réfléchir à leur statut juridique
En pratique il n'est pas toujours explicitement reconnu comme une ressource par les communes ou l'Office national des forêts (ONF) quand il émane des communs fonciers
La méfiance des agents de l'État à l'égard de cette pratique, quand elle n'est pas rejetée
L'enjeu des communs fonciers demeure un impensé de ce programme de l'État, alors même que les communes de montagne sont très nombreuses à en bénéficier
Le lien est ténu entre le bien que le commun constitue et la dimension de citoyenneté qu'il incarne