Más allá de la categoría ‘mujer’ rural: provocaciones desde el transfeminismo y la teoría queer/cuir a la teoría rural y agraria
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Document original ↗Synopsis
Cet article propose une critique transfeministe de la théorie rurale et agraire latino-américaine, pointant une lacune majeure : l'absence du questionnement des binarismes sexo-genre dans la construction de la catégorie « femme rurale ». L'autrice, Zohanny Arboleda Mutis Catrileo, débute par l'exemple d'Emilia 'Bau' Millen, femme trans mapuche assassinée en février 2021, défenseure du territoire ancestral face à la privatisation du condominio Riñimapu en zone rurale chilienne. Elle multiplie les exemples latino-américains : Dandara Rudsan, activiste noire trans en Amazonie brésilienne, visibilisant les meurtres de femmes trans en zone forestière ; La Zunga Roja en Colombie, dénonçant les violences cishéteronormatives du conflit armé et du contrôle territorial. Le problème central : la théorie rurale a toujours réduit « genre » à « femmes cisgenres », créant des lacunes concrètes dans les politiques publiques d'accès aux terres, restitution territoriale et visibilisation des histoires de despojo et desplazamiento. Ces absences ne sont pas juste académiques : elles impliquent des dangers matériels pour la vie des personnes trans en zone rurale. L'autrice propose le transfeminismo comme pont épistémologique, entendu comme l'intégration de l'analyse queer au féminisme pour que la critique du genre soit inséparable de celle des structures de pouvoir (capitalisme, colonialisme, patriarcat, racisme). Le transfeminismo n'est pas une identité annexe mais un appel à renforcer des alliances stratégiques au sein des mouvements de femmes dans toutes leurs expressions. L'enjeu : comment les luttes pour l'accès à la terre et la défense des territoires ancestraux peuvent-elles intégrer les personnes trans et queer sans les réduire à des revendications discursives ? Comment empêcher que l'académie reste un lieu de pouvoir androcentriste, binariste et essentialiste qui perpétue ces exclusions ?
En clair
Quand on parle de droits des femmes à la terre en Amérique latine, on oublie souvent que des personnes trans et queer défendent aussi les terres contre les voleurs et les multinationales — et elles risquent leur vie pour ça. Ce texte dit : il faut les inclure vraiment dans les luttes, pas juste en faire une case bonus.
Extraits
Bau était une femme trans, antispéciste et mapuche qui habitait en zone rurale et qui avait passé plusieurs années à se construire comme défenseure du territoire ancestral où se situe le condominium Riñimapu
Dandara Rudsan, activiste noire et trans d'Altamira, dirige un mouvement pour la visibilisation des meurtres de femmes trans habitant l'Amazonie et dont la visibilité dépend de leur survie
La Zunga Roja, femme trans politologue du Guaviare, a été catégorique pour visibiliser les violences que subissent les femmes trans à la campagne et dans le cadre du conflit armé qui a approfondi les structures patriarcales et cishétéronormatives
Un appel à renforcer les alliances stratégiques entre les mouvements de femmes dans toute leur expression politique, les dissidences et les organisations qui prônent la défense des droits et de la vie
Éluder le débat au sein de l'académie et les théories rurales perpétue des institutions qui sont des lieux de pouvoir androcentrique, binariste, essentialiste et biologiciste qui, au-delà d'être des positions théoriques, impliquent des dangers et une vulnérabilité pour la vie des personnes
Le conflit foncier dans le condominium Riñimapu est dû à la privatisation de ce qui était auparavant la communauté Riñimapu
le mot queer désigne les personnes, identités, théories et méthodologies qui se situent de manière critique face aux notions hégémoniques du système sexe/genre