Women Peasants are Women (5) (1)

La Vía Campesina — publications (WP REST) 2025-03-04 Adobe PDF Library 15.0 SCORE 9/10

Document original ↗

Synopsis

Ce document est le Volume II d'une publication de La Via Campesina Afrique australe et orientale (LVC SEAf) analysant les violences et discriminations contre les femmes paysannes à travers une perspective intersectionnelle : être femme ET être paysanne. Le texte identifie trois couches de violence : celle liée au patriarcat (condition de femme), celle liée à l'exploitation capitaliste (condition de paysanne), et celle spécifique à leur intersection. Il traite spécifiquement de l'absence de propriété ou contrôle des terres par les femmes en Afrique du Sud, Congo, Zimbabwe, Mozambique et Ouganda—où les lois et traditions coutumières réservent la terre aux hommes, laissant les femmes dépendantes du père ou du mari, même quand elles cultivent le sol. Le document met en avant que les femmes produisent 80 % de la nourriture en Afrique tout en étant systématiquement exclues de la prise de décision sur les terres qu'elles cultivent (choix des cultures, commercialisation), et qu'elles risquent l'expulsion en cas de divorce ou décès du mari. Il aborde aussi les menaces sur les droits semenciers des femmes—leur savoir traditionnel de sélection, conservation et biodiversité des semences—longtemps invisibilisé commercialement. Enfin, le document relève une contradiction majeure : les violences et discriminations contre les femmes paysannes ne surviennent pas seulement de l'extérieur (État, capitalisme), mais aussi au sein des organisations et mouvements paysans eux-mêmes. Il illustre son propos par des témoignages directs et un cas de succès (Beatrice en Ouganda, qui a obtenu son nom sur le titre foncier), montrant que la lutte intersectionnelle et la sensibilisation féministe ont permis à certaines femmes de reprendre du contrôle.

En clair

Ce texte raconte que les femmes qui cultivent la terre en Afrique australe et orientale ne peuvent souvent pas la posséder ni décider de ce qu'on y fait, à cause des lois et traditions qui réservent ça aux hommes—et que parfois on les chasse de la terre quand le mari meurt. Il montre aussi comment, par l'éducation politique et le dialogue, certaines femmes paysannes reprennent du pouvoir sur leur terre et leurs semences, et souligne que même les organisations paysannes discriminent parfois les femmes.

Extraits

La troisième est la violence spécifique que nous vivons du fait de l'intersectionnalité entre les deux couches mentionnées ci-dessus : être femmes et être paysannes.

p. 4

En Afrique du Sud, nous n'avons pas beaucoup de femmes propriétaires de terres, et la plupart des terres de notre pays appartiennent toujours à des agriculteurs blancs. Nous, les peuples autochtones d'Afrique du Sud, sommes surtout utilisés comme main-d'œuvre bon marché dans ces fermes détenues par des Blancs, tout en subissant diverses formes d'exploitation.

p. 5

Les femmes au Congo travaillent la terre qui appartient à nos maris. La société ne nous permet pas de posséder des terres en tant que femmes. La propriété foncière est un droit réservé aux hommes.

p. 5

Quand mon mari est décédé, certains parents ont essayé de m'expulser de la terre et de la garder pour eux. En tant que paysanne, c'est quelque chose qui arrive souvent puisque [par tradition] nous avons nos droits sur la terre par nos maris.

p. 5

C'est un fait que là où il y a la faim, il y a la violence, en particulier la violence basée sur le genre.

p. 6

L'accaparement des terres est une autre forme de violence qui affecte les paysans dans tous les pays de la région. Le déplacement des terres affecte les femmes plus directement puisqu'elles sont responsables de nourrir toute la famille alors qu'elles n'ont pas de terre pour cultiver.

p. 6

les femmes cultivent 80 % de la nourriture en Afrique

p. 7

Ces pratiques nous ont permis d'acquérir des connaissances importantes concernant la sélection, le stockage et l'utilisation des semences, jouant ainsi un rôle important dans la diversité des cultures et la biodiversité de nos systèmes alimentaires.

p. 7

La violence et la discrimination envers les femmes peuvent avoir lieu dans le foyer, dans les espaces communautaires, mais aussi dans les espaces de prise de décision de nos organisations et de nos mouvements.

p. 4
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