EN – Solidarity for the Ecological Disaster in Sumatra, Indonesia 2025

La Vía Campesina — publications (WP REST) 2025-12-05 ONLYOFFICE/9.1.0.173 SCORE 6/10

Document original ↗

Synopsis

Ce document est un communiqué de la SPI (Serikat Petani Indonesia, Union des Paysans Indonésiens) en réponse à la catastrophe écologique qui a frappé Sumatra en novembre 2025 : inondations et glissements de terrain ayant tué plus de 300 personnes, déplacé des dizaines de milliers de familles, et détruit des milliers d'hectares de terres agricoles.

Le texte distingue nettement les causes immédiates (pluies extrêmes) des causes structurelles, qui constituent le cœur de l'analyse politique. Ces causes structurelles sont identifiées comme le résultat de décennies de développement extractiviste : expansion des agro-industries à grande échelle, industrie des combustibles fossiles, plantations industrielles et exploitation minière. Ces activités ont entraîné une déforestation massive, déstructurant les zones en amont, concentrant la propriété foncière entre les mains d'oligarques, et détruisant les conditions écologiques qui limitaient les dégâts des pluies extrêmes.

La SPI critique frontalement l'Article 6 de l'Accord de Paris, qui régule les échanges et compensations carbone. Ce mécanisme ne réduit pas réellement les émissions (il les transfère administrativement), ne transforme pas le modèle de production destructeur, et déplace le fardeau de l'adaptation climatique vers les pays du Sud, malgré leur responsabilité historique minimale. Ces offsets marchandisent les forêts, les terres et les territoires autochtones, restreignant davantage l'accès des communautés rurales aux ressources constitutives de leurs espaces de vie.

L'impact direct sur les paysans est détaillé précisément : pertes de plus de 2 000 hectares de terres agricoles, destruction de récoltes proches de la récolte, pertes de bétail, équipements submergés. Pour les paysans, la perte de terre signifie la perte de moyens de subsistence : sans terre, pas de source de nourriture ou de revenu. Ce document illustre l'interconnexion entre crise climatique, extractivisme foncier, vulnérabilité paysanne, et insuffisance des mécanismes de justice climatique internationaux.

En clair

Ce texte raconte comment une catastrophe climatique en Indonésie a dévasté des familles paysannes — non parce que la pluie était anormale, mais parce que l'exploitation forestière et l'agro-industrie ont détruit les terres. Il montre aussi que les « solutions » climatiques officielles (marchés du carbone) ne font rien pour arrêter cette destruction, elles la perpétuent même.

C'est utile pour comprendre pourquoi les paysans doivent reprendre le contrôle de leurs terres, plutôt que de se fier à des mécanismes internationaux qui protègent les grands propriétaires et les corporations.

Extraits

concentrer la propriété terrienne entre les mains d'une poignée d'acteurs/oligarques

p. 2

La perte de terre signifie une perte de moyens de subsistance ; sans terre, il n'y a pas de source de nourriture ou de revenus.

p. 2

les mécanismes de compensation ont tendance à marchandiser les forêts, les terres et les territoires autochtones en tant qu'actifs carbone. Ces projets ont restreint l'accès des communautés rurales aux ressources qui constituent leurs espaces de vie.

p. 2

L'Article 6 transfère également le fardeau de l'adaptation climatique aux pays du Sud, y compris l'Indonésie, même si les nations riches sont les plus grands contributeurs aux émissions historiques.

p. 2

La couverture forestière dans les zones d'amont a diminué, les zones de captage d'eau ont été converties en terres ouvertes, et la structure du sol, qui était auparavant forte, n'est plus capable de retenir l'eau.

p. 1

La racine de la crise — le modèle destructeur de production et de consommation — reste inchangée, tandis que des gens comme les paysans, les peuples autochtones et les communautés rurales de Sumatra subissent le poids des conséquences.

p. 2

Les terres agricoles, qui sont la source de moyens de subsistance pour les paysans, ont été complètement détruites par des inondations atteignant des profondeurs allant jusqu'à 1,4 mètre. Les cultures vivrières ont été emportées et sont mortes.

p. 3

Ce mécanisme n'arrête pas l'utilisation des combustibles fossiles et ne réduit pas le contrôle des entreprises sur les ressources.

p. 2
Version interactive ↗ Fiches proches · BibTeX · partage par citation