European Coordination Via Campesina -ECVC Position on CAP Post-2027: Building Food Sovereignty

La Vía Campesina — publications (WP REST) 2025-05-06 SCORE 9/10

Document original ↗

Synopsis

Ce document constitue la position officielle de la Coordination Européenne de la Via Campesina (ECVC) pour la réforme de la Politique Agricole Commune (PAC) post-2027. ECVC y défend une vision radicalement alternative au modèle agricole industriel dominant. Le texte articule quatre axes : (1) un budget européen fort dédié à la transition agroécologique et à la souveraineté alimentaire ; (2) une régulation des marchés garantissant des prix rémunérateurs stables qui couvrent les coûts de production et permettent aux paysans de vivre de leur métier ; (3) une approche sociétale plaçant l'accès à la terre et la diversification des exploitations au cœur de la PAC ; (4) une redistribution des paiements favorisant les petites exploitations agroécologiques diversifiées. ECVC critique frontalement le modèle actuel qui produit la disparition accélérée des fermes (plusieurs centaines de paysans perdus chaque jour en Europe), la concentration des moyens de production, et la monopolisation par quelques acteurs industriels. Le document repose sur la définition historique de la souveraineté alimentaire proposée par La Via Campesina en 1992, entendue comme le droit des peuples à définir leurs propres systèmes et politiques agricoles et alimentaires. Il appelle à une « deindustrialisation » systématique des agricultures européennes, une reterritorialisation des systèmes alimentaires, et l'intégration massive de nouveaux paysans dans le secteur, combinant régulation des marchés et coopération entre exploitations. C'est un plaidoyer pour transformer la plus grande ligne budgétaire européenne en outil de justice paysanne, de transition agroécologique et de création d'emplois ruraux situés.

En clair

Ce texte demande que le plus gros budget européen serve à payer les paysans assez pour qu'ils vivent correctement, à augmenter le nombre de fermes, et à permettre à chacun·e de manger sainement sans dépendre des géants agroindustriels. C'est un plan pratique pour reprendre le pouvoir sur la nourriture, la terre et le travail rural.

Extraits

La souveraineté alimentaire, telle que définie par La Via Campesina en 1992, signifie le droit des pays et de leurs populations de définir leurs propres systèmes et politiques agricoles et alimentaires

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la disparition drastique des exploitations agricoles et la perte de plusieurs centaines d'agriculteurs chaque jour, rapidement remplacés par des modèles agricoles à grande échelle et industrialisés

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L'ECVC appelle à la prochaine réforme de la PAC pour rompre avec le modèle agricole actuel, qui se concentre sur les intérêts de l'industrie, des distributeurs et des agro-exportateurs qui ignorent complètement les conséquences pour les agriculteurs et les écosystèmes

p. 3

La régulation des volumes doit faciliter la désindustrialisation des systèmes agricoles (en termes d'élevage, de volumes, de superficies et de capitalisation), et la reterritorialisation de l'agriculture et de l'alimentation

p. 3

La PAC doit permettre l'accès à la terre et s'éloigner de la logique de pousser les exploitations agricoles à s'agrandir et à se spécialiser

p. 4

La PAC doit soutenir le développement d'une agriculture de petite échelle diversifiée, apportant la vie aux zones rurales et permettant à chacun de manger correctement

p. 4

Cela implique également de décentraliser l'industrie agroalimentaire de manière organisée, et ainsi, de relocaliser les services et les entreprises liés à l'abattage, à la collecte de lait, à la transformation, etc., dans les territoires locaux

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