Development banks have no business financing agribusiness
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2021 Skia/PDF m97 Google Docs Renderer SCORE 7/10
Document original ↗Synopsis
Ce document est un appel collectif de plus de 80 organisations de la société civile demandant aux banques publiques de développement (PDBs) de cesser le financement de l'agribusiness. Les PDBs — institutions publiques établies par des gouvernements ou agences multilatérales — canalisent collectivement plus de 2 milliards USD par an, dont 1,4 milliard dans le secteur agricole. Le texte expose deux critiques centrales : d'abord, le modèle agricole financé par les PDBs repose presque exclusivement sur les plantations de monoculture, les fermes industrielles d'élevage et les semences OGM, marginalisant les petits producteurs qui assurent pourtant la majorité de la production alimentaire mondiale tout en générant destruction écologique et violations des droits humains. Deuxièmement, les auteurs dénoncent l'hypocrésie systématique : les PDBs prétendent n'investir que dans des entreprises « durables » et « responsables », alors que leur historique révèle des liens directs avec des projets impliquant accaparement foncier, corruption et violences. Le texte fournit un catalogue impressionnant d'exemples concrets — SOCFIN/SIAT financées pour des plantations de palmier en Afrique malgré les scandales de land grabbing ; Addax Bioenergy en Sierra Leone ; Feronia en RDC (150 millions USD d'investissements pour une plantation en faillite) ; le barrage Gibe III en Éthiopie qui a coupé les flux du Nil dont dépendait l'agriculture de décrue des peuples autochtones de la Vallée de l'Omo inférieur ; ProSavana au Mozambique ; déplacements violents en Ouganda. Ces exemples illustrent un pattern systématique : les PDBs financent la dispossession territoriale au profit des oligarques et corporations transnationales. Le document note aussi que les PDBs influencent les politiques nationales via conseils techniques — par exemple, la Banque mondiale a conseillé à l'Inde de déréglementer son marché agricole, créant des protestations massives. Le texte conclut en appelant à de « mecanismos mejor para construir soberanía alimentaria », rejoignant ainsi la demande historique des mouvements paysans : que les politiques de développement soutiennent les petits producteurs et les systèmes alimentaires locaux plutôt que les corporations.
En clair
Les grandes banques publiques de développement du monde financent des méga-fermes et plantations qui volent les terres des paysans et des peuples autochtones, les appauvrissent et détruisent l'environnement — alors qu'elles prétendent aider le développement. Le texte le prouve avec des exemples concrets et des chiffres, et demande d'arrêter ces financements toxiques pour soutenir à la place les petits producteurs qui nourrissent réellement le monde.
Extraits
Les BDM ont un long antécédent d'investissements dans l'agriculture qui bénéficient aux intérêts privés et aux sociétés agroalimentaires au détriment des agriculteurs, éleveurs, pêcheurs, travailleurs alimentaires et peuples autochtones, sapant leur souveraineté alimentaire
Plus de 80 organisations de la société civile ont publié une déclaration conjointe demandant que les BDM cessent de financer les sociétés agroalimentaires et les projets qui enlèvent les terres et les ressources naturelles aux communautés locales
Leurs investissements dans l'agriculture sont allés presque exclusivement à des entreprises engagées dans des plantations en monoculture, des systèmes de culture contractuelle, des fermes-usines animales, la vente de semences hybrides et génétiquement modifiées et de pesticides
Au lieu de cela, elles financent les accapareurs de terres et les sociétés agroalimentaires d'entreprise et détruisent les systèmes alimentaires locaux.
En Inde, la Banque mondiale a conseillé au gouvernement de déréglementer le système de commercialisation agricole, et quand le gouvernement a mis en œuvre ce conseil sans consulter les agriculteurs et leurs organisations, cela a entraîné des protestations massives
Les peuples autochtones de la Vallée inférieure de l'Omo comptaient sur l'agriculture de retrait de crue [coupée par le barrage Gibe III]
SOCFIN du Luxembourg et SIAT de Belgique, les deux plus grands propriétaires de plantations de palmiers à huile et de caoutchouc en Afrique, ont reçu de nombreux prêts financiers des banques de développement, malgré le fait que leurs filiales soient enlisées dans l'accaparement des terres, des scandales de corruption et des violations des droits de l'homme
Le système alimentaire mondial d'aujourd'hui a échoué à résoudre la faim et est un facteur clé de multiples crises, des pandémies à l'effondrement de la biodiversité à l'urgence climatique. Mais elles ne font rien pour remettre en question les corporations qui dominent le système alimentaire industriel
De nombreux rapports ont découvert que la chaîne d'approvisionnement de Marfrig est directement liée à la déforestation illégale en Amazonie et au Cerrado et aux violations des droits de l'homme.