ANNUAL REPORT 2020 LA VIA CAMPESINA
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2021-05-07 Adobe PDF Library 15.0 SCORE 8/10
Document original ↗Synopsis
Le rapport annuel 2020 de La Via Campesina, mouvement paysan international, analyse la pandémie COVID-19 comme révélatrice de la crise systémique du capitalisme et de l'agriculture industrielle mondialisée. L'organisation expose un paradoxe brutal: tandis que l'agriculture paysanne locale s'avère résiliente et nourricière, les gouvernements ont systématiquement fermé les marchés de producteurs locaux tout en permettant aux grandes corporations agroalimentaires de continuer leurs activités. Les paysans ont été contraints de détruire leurs récoltes pendant que 1,3 milliard de tonnes de nourriture étaient gaspillées dans les circuits industriels—une ironie sanglante alors que la faim s'étendait mondialement. Le document artícule la vision centrale de La Via Campesina: la souveraineté alimentaire, définie comme le droit des peuples à une nourriture saine et culturellement appropriée, produite par des méthodes écologiquement durables. Cette vision s'oppose directement aux systèmes alimentaires marchands qui détruisent l'environnement et exploitent les travailleurs. Le rapport dénonce aussi la capture des instances de gouvernance alimentaire mondiale (FAO, Sommet des systèmes alimentaires de l'ONU) par les lobbies de l'agribusiness, qui court-circuit la participation des mouvements sociaux et des paysans. La Via Campesina mobilise la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans (UNDROP) comme feuille de route pour protéger les droits de ceux qui sont au cœur des systèmes alimentaires: paysans, pêcheurs, peuples autochtones, pasteurs, travailleurs forestiers et agricoles. Le document expose les dimensions intersectionnelles de la crise: travailleurs migrants exploités sans protection, fermetures abruptes de marchés de fermiers tandis que les chaînes corporatistes prospéraient, violations massives des droits humains des femmes, jeunes et enfants. Pour l'organisation, aucune transformation systémique n'est possible sans reconnaître et protéger les droits des paysans. L'enjeu est fondamental: transformer les politiques publiques pour construire un système alimentaire qui privilégie la résilience locale, la sagesse des communautés et le bien-être humain avant les profits.
En clair
La Via Campesina montre que les petits producteurs paysans qui cultivent localement et écologiquement ont survécu à la pandémie alors que le système alimentaire mondialisé s'effondrait—et que partout les gouvernements ont choisi de protéger les grandes corporations plutôt que les paysans. Ce rapport dit que l'alimentation c'est une question de pouvoir: qui décide ce qu'on mange et comment, et pour le compte de qui—les profits des multinationales ou la vie des peuples.
Extraits
Cette pandémie est enracinée dans le capitalisme et fortement liée au modèle de l'agriculture industrielle, et constitue l'une des nombreuses conséquences récentes de telles politiques destructrices.
Or, au milieu de ce chaos, les systèmes agricoles locaux basés sur la production paysanne agroécologique ont démontré leur résilience et sont devenus une bouée de sauvetage pour de nombreux pays développés et en développement.
Les marchés de fermiers locaux ont fermé brusquement suite aux restrictions de confinement pour arrêter la propagation de la COVID-19. Cependant, les chaînes de distribution de détail appartenant à des sociétés ont continué à fonctionner !
À La Via Campesina, nous croyons en, et défendons, la souveraineté alimentaire comme droit des peuples à une alimentation saine et culturellement appropriée produite selon des méthodes écologiquement durables.
Une ironie cruelle ici est que ce monde de plus en plus affamé perd ou gaspille également 1,3 milliard de tonnes de nourriture par an—assez pour nourrir 2 milliards de personnes.
À la FAO, les lobbies d'entreprises ont accéléré leur tentative de capturer le Sommet du système alimentaire des Nations Unies (UN FSS) prévu pour 2021. Ils ont empiété sur le travail du Comité de la sécurité alimentaire (CSA) et du Mécanisme de la société civile (MSC), sapant par conséquent la voix des mouvements sociaux.
En tant que La Via Campesina, nous croyons qu'aucune transformation systémique n'est possible sans reconnaître et protéger les droits de ceux qui sont au cœur des systèmes alimentaires : les paysans, les pêcheurs, les peuples autochtones, les pasteurs, les habitants des forêts, les travailleurs agricoles...
La Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans offre une feuille de route claire basée sur les droits pour construire et renforcer la souveraineté alimentaire et s'éloigner des systèmes alimentaires basés sur le marché...
Les travailleurs migrants et urbains, la main-d'œuvre bon marché de cette société, ont été forcés de marcher des centaines sinon des milliers de miles pour retourner à la maison alors que les entreprises et les usines du monde entier fermaient...
Depuis des décennies, les gouvernements ont peu fait pour protéger les petites fermes et les producteurs alimentaires locaux, favorisant plutôt et soutenant les systèmes alimentaires corporatifs dysfonctionnels.