Access to seed diversity instead of dependence on the seed and biotech industry

La Vía Campesina — publications (WP REST) 2023-01-23 SCORE 8/10

Document original ↗

Synopsis

Ce document est une déclaration d'agriculteurs (paysans allemands et internationaux) adressée à la Conférence ministérielle internationale de l'agriculture (GFFA) réunie à Berlin le 21 janvier 2023. Il représente la treizième année consécutive de mobilisation organisée. Les auteurs critiquent la réponse insuffisante des gouvernements aux crises alimentaires mondiales, climatiques et de biodiversité, et dénoncent une politique agricole trop favorable aux industries agroalimentaires. Le texte s'articule autour de trois axes majeurs : (1) l'appel à une transformation structurelle fondée sur une transition agroécologique et la reconnaissance du droit humain à l'alimentation et des droits des paysans, notamment par la transposition de la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans (UNDROP) ; (2) la réaffirmation que les semences sont des biens communs, héritage de dix millénaires de sélection paysanne, menacés par les brevets et la propriété intellectuelle des multinationales, qui ont entraîné la perte de « seed sovereignty » pour des millions de paysans ; (3) l'opposition ferme à la dérégulation de l'ingénierie génétique proposée par la Commission européenne, qui risquerait d'intensifier encore la dépendance corporatiste et la destruction de la biodiversité. Le document invoque l'architecture internationale des droits (CBD, ITPGRFA, UNDRIP, UNDROP) et demande action ministérielle au-delà du statu quo.

En clair

Ce texte explique pourquoi les paysans du monde se battent pour garder le droit de cultiver et d'échanger leurs propres semences, plutôt que de les acheter chaque année aux grandes multinationales — et pourquoi c'est vital pour nourrir la planète sans la détruire. Il dit aussi qu'on ne résout pas la faim avec la technologie et les brevets, mais en donnant du pouvoir aux paysans pour qu'ils décident ce qu'ils cultivent.

Extraits

Les semences sont des biens communs. Or, le colonialisme et l'industrialisation de l'agriculture ont progressivement érodé cet héritage précieux et restreint davantage les droits des agriculteurs.

p. 3

De nombreux agriculteurs ont perdu leur souveraineté semencière et dépendent désormais des entreprises semencières multinationales, qui déterminent quelles semences, avec quelles caractéristiques, sont commercialisées.

p. 3

Depuis plus de 10 000 ans, les agriculteurs sélectionnent, échangent, conservent et vendent des semences. Ce faisant, ils ont créé la diversité qui nous donne une vie nouvelle chaque jour.

p. 3

Au lieu de promouvoir la diversité paysanne dans les champs, nous connaissons un recul à la fois au niveau national et international.

p. 2

Le droit à l'alimentation et les droits des agriculteurs doivent être les principes directeurs d'une politique cohérente ici et dans le monde.

p. 3

Le mythe persiste selon lequel des augmentations monocausales de la production et des solutions techniques fatalement simplifiées, comme la numérisation ou l'ingénierie génétique, peuvent créer la sécurité alimentaire.

p. 2

Ces fausses réponses nous poussent dans la rue.

p. 3

Par les droits de propriété intellectuelle et les brevets – notamment renforcés par les accords commerciaux – les entreprises ont acquis de plus en plus de pouvoir sur les semences et notre alimentation.

p. 3

Sans diversité agricole (semencière), il n'y aura pas de possibilité de surmonter la faim.

p. 3
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