In Defense — Such As It Is — of Usufructory Land Ownership
The Anarchist Library — OPDS (new releases) 2023 xdvipdfmx (20220710) SCORE 6/10
Document original ↗Synopsis
Kevin Carson défend la théorie libertarienne de la propriété foncière par « occupancy-and-use » (propriété d'usage), issue de Proudhon, Ingalls et Tucker. Son argument central est que les droits fonciers alternatifs — occupancy-and-use, non-Proviso Lockeanism, Georgism — partagent un principe crucial et souvent négligé : seule l'occupation personnelle et l'usage, ou l'amélioration active, légitime la propriété initiale de la terre. Carson refuse à l'absentéisme foncier toute justification morale. Le texte distingue les droits fonciers « naturels » (fruits directs de l'occupation) des droits « artificiels » (produits de l'intervention coercitive de l'État). Cette distinction éclaire la critique de l'extraction de rente : un propriétaire absent qui perçoit un loyer pratique une forme de « capitalized disserviceability » (selon Veblen), c'est-à-dire qu'il extrait un revenu en menaçant d'obstruer l'activité productive d'autrui, plutôt que de contribuer lui-même. Carson argue que le principe partagé par tous les systèmes principiels — abolir la propriété absente de terres vacantes ou inoccupées — produirait, s'il était pleinement mis en œuvre, un effet pratique plus important que toute autre réforme : l'élimination de « centaines de milliards », voire de « trillions de dollars » de rente mondiale. En Amérique latine, cela signifierait la dissolution des systèmes de hacienda et latifundia, restituant les terres aux cultivateurs paysans actuellement sans terre ou appauvris. En Occident, cela ouvrirait les terres vacantes à l'homesteading sans charge et éliminerait les titres de propriété foncière tracés jusqu'aux concessions féodales ou coloniales illégitimes. Bien que Carson favorise toujours le système occupancy-and-use, il souligne que la convergence de ces trois approches libertariennes sur l'abolition de l'absentéisme est plus importante que leurs divergences théoriques.
En clair
Ce texte dit : si on appliquait sérieusement l'idée que la terre appartient à ceux qui la travaillent réellement, pas à ceux qui la possèdent sans y vivre ni la cultiver, on pourrait abolir des milliers de milliards de dollars de loyers mondiaux — et redonner les terres aux millions de paysans pauvres qui en ont été expulsés. C'est une théorie libertarienne qui critique la propriété absente et défend l'occupation-utilisation comme fondement des droits fonciers.
Extraits
Dans un système mutualiste d'occupation et d'usage, un propriétaire se proclamant tel qui tenterait de percevoir un loyer serait l'agresseur, violant les droits de propriété de l'occupant-utilisateur.
Thorstein Veblen se référait aux privilèges ou aux droits de propriété artificiels comme à « l'inservabilité capitalisée » : c'est-à-dire qu'on perçoit un revenu, non par des efforts productifs ou des contributions positives, mais en extrayant un tribut.
Tant le Lockéanisme sans clause de Proviso que le système d'occupation et d'usage détruiraient le système du latifundia en Amérique latine, et retourneraient la grande majorité des terres du Tiers-Monde aux paysans cultivateurs.
Par un simple coup de plume, des centaines de milliards – à l'échelle mondiale, des milliers de milliards – de dollars de loyers seraient abolis, et resteraient dans les poches de ceux qui les paient actuellement.
Puisqu'aucun ensemble particulier de règles de propriété foncière ne peut être déduit d'axiomes moraux fondamentaux, elles doivent être évaluées sur des bases utilitaristes ou pratiques.