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European Shepherds Network — publications 2015-07-10 SCORE 8/10

Document original ↗

Synopsis

Ce document est une déclaration politique collective produite lors d'une assemblée européenne de pasteurs et d'éleveurs transhumants (Coblence, troisième rencontre de la réseau). Les auteurs — représentant 15 pays et 16 organisations — défendent un mode de vie d'élevage extensif centré sur l'élevage de races locales et la transhumance, présenté comme culturellement riche, écologiquement bénéfique (gestion d'écosystèmes menacés, réduction du carbone, prévention des incendies) et économiquement vital pour les zones rurales et montagnardes européennes. Ils dénoncent cependant plusieurs menaces structurelles majeures : la perte accélérée de terres de pâturage du fait de la compétition avec les infrastructures énergétiques, les mines, les réserves naturelles protégées, l'agriculture intensive, et les biocombustibles ; l'accès très difficile à la terre pour les jeunes pasteurs ; l'appropriation culturelle de leur identité par les grandes corporations agroalimentaires ; et surtout leur exclusion systématique des décisions politiques concernant la gestion territoriale (aires protégées, réintroduction de prédateurs, PAC). Le manifeste présente ces défis non comme des questions sectorielles mais comme un conflit foncier direct : qui décide de l'usage des terres, et au profit de qui ? En réponse, les pasteurs s'organisent collectivement en fédérations régionales, innovent (vente directe, médias, contrats d'écosystèmes) et formulent des exigences politiques claires : reconnaissance institutionnelle, protection explicite des terres et voies de transhumance, participation effective aux décisions, réforme de la PAC, et prix justes pour leurs produits. Le document incarne une lutte pratique et situé pour l'accès à la terre et contre l'accaparement multi-directionnel, portée par des acteurs collectifs transnationaux enracinés dans des savoirs paysans territorialisés.

En clair

Des éleveurs et bergers d'Europe se battent parce qu'on leur enlève les terres où ils font paître leurs bêtes : routes, usines de batteries, mines, parcs protégés, et surtout les grosses fermes intensives. Ils demandent qu'on les écoute avant de décider ce qu'on fait sur leurs terres, qu'on reconnaisse que leur façon d'élever n'est pas la même que l'industrielle, et qu'on leur laisse vraiment la place de vivre.

Extraits

Nous perdons des terres de pâturage en raison de la compétitivité avec d'autres types d'utilisation des terres : infrastructures pour développements énergétiques, exploitation minière, réserves naturelles, maisons de vacances, culture de biocarburants, pâturage intensif

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Pour les jeunes, il est souvent très difficile d'obtenir accès à la terre.

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Nous sommes les utilisateurs traditionnels des terres mais nous sommes systématiquement exclus des décisions concernant la gestion des terres.

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Notre identité est souvent expropriée par des producteurs à grande échelle et des corporations agroalimentaires qui vendent de vagues imitations industrialisées de nos produits.

p. 2

Arrêter la perte de terres de pâturage et l'« accaparement des terres » ainsi que les restrictions de mobilité qui rendent impossible de maintenir un système d'élevage pastoral viable

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La politique commune en matière d'Agriculture, en particulier, ne reconnaît même pas les caractéristiques distinctives du pastoralisme, mettant ce système de production en désavantage économique.

p. 2

Nous créons de la valeur économique en fournissant aux consommateurs des produits de haute qualité: viande, lait, fromage, laine et peaux.

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