Le "programme de Genève 2022" de l'OMC
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2022-10-17 SCORE 6/10
Document original ↗Synopsis
Ce document est une analyse critique de la 12ème Conférence Ministérielle de l'OMC (juin 2022) rédigée par La Via Campesina et Focus on the Global South. Plutôt qu'un succès pour le développement, la conférence y est présentée comme une victoire pour l'OMC, les pays développés et les multinationales agroalimentaires, aux dépens des paysans, petits producteurs et pays du Sud. Le texte dénonce comment les négociations ont échoué à : adopter une dérogation permanente aux droits de propriété intellectuelle (ADPIC) pour améliorer l'accès aux vaccins et médicaments ; répondre aux demandes de sécurité alimentaire et de stocks publics ; traiter les revendications en matière d'agriculture, pêche et réformes institutionnelles. À la place, les pays riches ont imposé un agenda de libre-échange, commerce électronique et facilitation des échanges, servant exclusivement les élites industrielles. Le document souligne que les petits producteurs — même en Europe et Amérique du Nord — n'accèdent pas aux subventions massives qui enrichissent les multinationales. En contraste, La Via Campesina propose une « vision alternative du commerce agricole basée sur les principes de la souveraineté alimentaire ». Le document contextualise ainsi les luttes paysannes dans le cadre des structures commerciales mondiales qui les oppriment et consolident la dépossession des communautés rurales.
En clair
Ce texte explique comment l'OMC et les gouvernements riches utilisent le commerce mondial pour dominer les petits paysans partout — même en Europe. La Via Campesina demande à la place que les gens puissent se nourrir eux-mêmes sans dépendre des grandes entreprises agroalimentaires.
Extraits
La déclaration articule une vision alternative du commerce agricole qui est basée sur les principes de la souveraineté alimentaire.
Pour les paysan.ne.s, les petit·es producteur·trices alimentaires et les travailleur·euses, le résultat de la CM12 est une grande défaite stratégique.
Les paysan.nes, les peuples autochtones et la classe ouvrière du Nord, qui sont déjà mis à la marge par l'industrialisation excessive et le contrôle des entreprises, n'ont rien à gagner des résultats de la CM12.
Tous ces prétendus résultats de ces réunions ministérielles ne sont destinés qu'à faire bouillir la marmite pour les multinationales de l'agroalimentaire dont le siège est situé dans le Nord. Les véritables perdants et victimes sont les paysan.nes et les communautés rurales du monde entier.
La Via Campesina (LVC), le réseau mondial des mouvements paysans, et Focus on the Global South (Focus) ont organisé une revue critique du programme de Genève.