MOVIMENTOS SOCIAIS RURAIS E FEMINISMOS: percursos e diálogos na construção do feminismo camponês e popular
discovery_promoted 2021-06-18 SCORE 9/10
Document original ↗Synopsis
Cet article analyse la construction du féminisme paysan et populaire à partir des trajectoires de femmes organisées politiquement dans deux mouvements brésiliens : le Movimento de Mulheres Camponesas (MMC) et le Movimento dos Trabalhadores Rurais Sem Terra (MST). Les auteurs explorent comment ces dirigeantes cherchent des alternatives aux inégalités de genre dans le milieu rural et comment elles pensent le féminisme à partir de leurs expériences concrètes du champ. Le texte souligne que ces femmes, mobilisées depuis au moins 1985 (premier congrès national du MST), ont conquis une participation politique structurelle — notamment la cota de 30% dans les instances de direction du MST — tout en questionnant la domination masculine persistante. Leur féminisme émerge à l'intersection de trois luttes : l'accès à la terre, la réforme agraire, et une relation renouvelée avec la nature et la souveraineté alimentaire. Le document souligne aussi comment ce féminisme rural se situe en dialogue critique avec d'autres courants féministes (écofeminisme, féminisme décolonial, féminisme noir) historiquement dominés par les expériences et points de vue urbains. Face à l'avancée du néoconservadorisme au Brésil, le féminisme camponês se construit explicitement comme un mouvement d'autonomie et d'espérance.
En clair
Ce texte montre comment les femmes paysannes brésiliennes, organisées dans le MST et d'autres mouvements, ont construit leur propre vision du féminisme en se battant concrètement pour accéder à la terre et participer aux décisions — ce n'est pas un féminisme importé de la ville, c'est un féminisme paysan forgeé dans les luttes. Pour quelqu'un qui milite pour accès à la terre ou autonomie paysanne, c'est un outil pour comprendre que la question du genre est au cœur : sans l'adresser, la réforme agraire restera incomplète.
Extraits
Ses revendications débouchent sur une politique propre, créée par les femmes pour toute la société, de laquelle émerge ce féminisme encore en construction, mais qui affirme déjà la quête de nouvelles relations de genre, de production et avec la nature.
Ces femmes construisent le féminisme paysan et populaire en tant que mouvement d'autonomie et d'espérance.
Les origines du Mouvement des travailleurs ruraux sans terre remontent à la fin des années 1970 et au début des années 1980, à partir de conflits fonciers revendiquant l'accès à la terre.
Depuis le Premier Congrès national du MST en 1985, les femmes revendiquent leur droit à la participation politique, occupant le bureau directeur et conquérant un quota de 30 % de participation aux instances de direction.
Historiquement, on observe la prédominance des hommes dans les postes de direction, politique, administrative ou productive.
Production d'aliments sains et souveraineté alimentaire, ou la relation humaine avec la nature et/ou avec la terre.
Comment les dirigeantes paysannes, organisées politiquement, ont cherché des alternatives aux inégalités dans les relations de genre en milieu rural et pensé la construction du féminisme à partir de leurs expériences à la campagne.
De manière moins expressive, il y a des débats féministes associés à des questions considérées comme spécifiques au monde rural, comme la production d'aliments sains et la souveraineté alimentaire.