2019-10-15-LVC-Letter-to-Evo-Morales_
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2019-10-24 SCORE 8/10
Document original ↗Synopsis
Cette lettre officielle datée du 15 octobre 2019 a été adressée au Président Evo Morales par La Via Campesina, le mouvement paysan mondial, pour féliciter la Bolivie du rôle moteur qu'elle a joué dans l'adoption de la Déclaration de l'ONU sur les droits des paysans et autres personnes travaillant en zones rurales (décembre 2018). Ce succès diplomatique, fruit d'un processus initié en 2008, est présenté comme un tournant pour les luttes foncières mondiales. Cependant, la lettre dépasse la simple gratitude pour exprimer une exigence politique implicite mais claire : cette reconnaissance juridique internationale doit se traduire en transformations structurelles nationales concrètes. La Via Campesina énumère précisément ce qui est attendu : l'agroécologie comme pratique politique (non technicienne), une réforme agraire véritable et structurelle, la protection des communs fonciers vitaux (terre, eau, semences, biodiversité) en tant que droits humains inaliénables, et une souveraineté alimentaire effective et mondialisée. La lettre articule aussi un positionnement stratégique majeur : l'alliance transversale des constituencies paysannes (paysans, sans-terre, femmes rurales, jeunes, peuples autochtones, migrants, ouvriers agricoles), signalant que les enjeux fonciers et agraires sont inséparablement liés aux luttes autochtones, féministes et anti-coloniales. Le document se situe à l'intersection entre trois arènes — diplomatique-institutionnelle (ONU), politique-nationale (gouvernement bolivien comme modèle d'implémentation) et mouvementiste (mobilisation des bases). Il révèle la stratégie du mouvement paysan global : utiliser les instruments juridiques internationaux comme leviers pour légitimer et amplifier les revendications locales de transformation foncière, agroécologique et alimentaire.
En clair
La Via Campesina félicite la Bolivie pour avoir fait reconnaître par l'ONU les droits des paysans, mais exige maintenant que le gouvernement passe aux actes : réforme agraire véritable, agroécologie partout, protection des terres, de l'eau, des semences comme biens de tous, et souveraineté alimentaire réelle. C'est un document qui dit : l'accord international ne suffit pas, il faut transformer la loi et les terres au niveau national.
Extraits
As a global movement of peasants, landless people, rural women and youth, indigenous people, migrants and agricultural workers
commitment to the rights of peasants and the leading role played by Bolivia in the United Nations
structural transformations, including the practice of agro-ecology and genuine agrarian reform
recognizing, defending, and protecting land, water, seeds, biodiversity, under the human rights of peasants
making food sovereignty a lived reality worldwide
We acknowledge that Bolivian government shall play pivotal role in achieving this real improvement
the UN Declaration will benefit all the peasants, the humanity in general, and also Mother Earth
we will mobilize to support regional and national implementation processes