A new era of struggle against colonial plantations in Northern Mozambique

La Vía Campesina — publications (WP REST) 2015-02-19 Adobe PDF Library 9.9 SCORE 9/10

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Synopsis

Ce rapport de GRAIN analyse l'accaparement massif des terres dans le corridor de Nacala, au nord du Mozambique, par des entreprises étrangères et des gouvernements. Le document retrace comment le Mozambique, ayant conquis son indépendance en 1975 avec l'idéal de nationaliser les terres au profit du peuple, a progressivement basculé vers une politique néolibérale d'« ouverture » aux investissements étrangers. Après la fin de la guerre civile en 1992 et l'imposition des politiques d'ajustement structurel par la Banque mondiale et le FMI, l'État mozambicain s'est fait le promoteur actif de projets agroindustriels massifs : le projet ProSavana (Japon-Brésil-Mozambique, 14 millions d'hectares) et le projet Lúrio River (4,2 milliards de dollars, 300 000 ha convertis à l'irrigation). Ces projets visent à remplacer l'agriculture paysanne locale, fondée sur l'autosuffisance alimentaire et l'approvisionnement des marchés régionaux, par des monocultures d'exportation (coton, maïs, canne à sucre pour biocarburant). L'auteur situe ce phénomène dans un contexte africain plus large : depuis 2008, la crise alimentaire mondiale et la crise financière ont déclenché une « ruée » des corporations agricoles et des fonds de placement vers les terres « disponibles » d'Afrique subsaharienne. Des multinationales comme Monsanto, Nestlé, Olam et Yara voient l'Afrique comme un marché « vierge » où implanter leurs chaînes agroalimentaires. Le rapport souligne que ces investissements reposent sur une alliance entre le capital multinational, les gouvernements du Nord (Japon, Brésil, États-Unis via la G8's New Alliance) et l'élite politique-économique locale mozambicaine. Face à cette menace, l'Union nationale paysanne du Mozambique (UNAC) mène depuis plusieurs années une campagne de résistance, soulevant des alertes nationales et internationales, ce qui a permis de ralentir le projet ProSavana et d'en déjouer certaines composantes. Le texte illustre comment, quarante ans après l'indépendance, les promesses révolutionnaires de « liberté de l'homme et de la terre » ont cédé le pas à la réédition des plantations coloniales sous des formes contemporaines : des accaparements massifs légalisés, présentés comme « développement » et « investissement », qui dépossèdent les paysans de leurs terres et de leur capacité à nourrir leurs familles.

En clair

Des paysans mozambicains voient leurs terres prises par des multinationales et des gouvernements qui promettent du développement mais veulent juste exporter du maïs et du coton. L'union paysanne (UNAC) se bat pour les garder : c'est l'histoire de toute l'Afrique depuis 2008, l'histoire du vol foncier moderne.

Extraits

Les paysans du nord du Mozambique luttent pour conserver leurs terres alors que les gouvernements et les sociétés étrangères entreprennent agressivement la mise en place de projets agro-industriels à grande échelle.

p. 1

La terre était particulièrement importante pour la lutte de libération du pays. Les colons portugais avaient occupé de vastes étendues des terres les plus fertiles du pays. Lorsque le Mozambique a accédé à l'indépendance, ces terres ont été immédiatement reprises et nationalisées.

p. 2

Pour que ces sociétés se développent, l'agriculture paysanne doit être remplacée par des plantations industrielles à grande échelle, et les systèmes alimentaires locaux doivent être remplacés par des chaînes agroalimentaires transnationales, de la semence à l'étagère du supermarché.

p. 3

ProSavana transférera 14 millions d'hectares de terres actuellement cultivées par des agriculteurs paysans au contrôle de sociétés étrangères.

p. 3

L'Union nationale des paysans du Mozambique (UNAC) a mené une campagne pour sensibiliser à la situation dans le Corridor de Nacala et pour s'opposer à ProSavana.

p. 3

Ces investissements résultent d'une très forte alliance entre le capital international, à travers les grandes corporations multinationales, et l'élite politique-économique locale, avec le soutien des gouvernements de leurs pays d'origine.

p. 2
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