The-UN-Declaration-on-the-Rights-of-Peasants
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2020-07-03 SCORE 7/10
Document original ↗Synopsis
Cet avant-propos du CETIM pose le contexte politique et éthique de la Déclaration de l'ONU sur les droits des paysans. Son auteur, un ancien rapporteur spécial de l'ONU sur le droit à l'alimentation, établit un lien systématique entre l'ordre capitaliste mondial et la faim de masse. Le texte dénonce le scandale d'une planète capable de nourrir 12 milliards d'humains quand 800 millions souffrent de faim extrême : cette mort n'est pas naturelle, mais faite par les politiques. Il détaille comment l'Union européenne, via sa Politique agricole commune (PAC) et ses subventions massives (350 milliards USD/an en 2017), pratique le dumping agricole qui détruit systématiquement l'agriculture vivrière africaine. Au Sénégal, les paysans Wolof travaillent 15 heures par jour sous le soleil brûlant quand des tomates du Portugal s'écoulent sur le marché de Dakar à un tiers du prix local. Cette dynamique s'inscrit dans une accumulation capitaliste globale où 500 grandes entreprises transnationales contrôlent 52 % du produit mondial : ce sont elles, par leurs stratégies d'investissement et leurs alliances politiques, qui décident quotidiennement « qui a le droit de vivre sur cette planète et qui est condamné à mort ». L'auteur appelle ainsi à voir dans cette Déclaration un outil politique pour contester ce rapport de forces.
En clair
Ce texte explique que la faim n'est pas une fatalité : on pourrait nourrir tout le monde, mais les gouvernements riches subventionnent leurs grandes fermes et inondent les marchés africains de nourriture bon marché, ce qui tue les petits paysans locaux. Concrètement, c'est utile pour comprendre pourquoi les paysans n'ont pas accès à la terre ni aux revenus — ce n'est pas leur faute, c'est un système économique qui les élimine.
Extraits
world agriculture, at its current stage of development, could easily feed 12 billion human beings (at 2,700 calories/adult per day). Yet there are only 7.6 billion of us on the planet.
The systematic destruction of African subsistence agriculture.
the Wolof peasant and his wife and children work up to 15 hours per day, with not the slightest chance of earning a decent subsistence income.
The European Union in particular practices agricultural dumping with unwavering cynicism.
the 500 biggest private transnational corporations controlled 52% of the gross world product (i.e., 52% of all the capital, merchandise, services, patents etc. produced in one year on the planet).
Through their investment strategies, their stock market speculation in basic foodstuffs and the political alliances they forge, they decide from day to day who has the right to live on this planet and who is condemned to death.
In 2017, the industrialized States of the OECD paid their farmers and stock breeders more than $350 billion in production and export subsidies.