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Infokiosques.net — Paysannerie & ruralité 2015-09-26 SCORE 6/10
Document original ↗Synopsis
Ce livret publie un entretien avec Alice, militante du mouvement No TAV en Val Susa (Italie), situé dans le contexte de la résistance contre la ligne TGV. Le document raconte comment, depuis plus de deux décennies, les habitants de la vallée se sont mobilisés collectivement pour défendre leur territoire contre un projet d'infrastructure imposé par l'État. Alice décrit sa trajectoire politique personnelle, son engagement croissant, et les formes d'action du mouvement : manifestations massives, sabotages, création de presidi (campements de résistance), et surtout la « Libre République de la Maddalena » (2011), campement autonome devenu espace d'expérimentation collective de vie et de débat. Le texte trace une chronologie des moments clés : la bataille de Venaus (2005), l'occupation de la Maddalena (2011) qui a attiré 70 000 personnes, mais aussi la répression : blessure grave d'un camarade, 1000 procès ouverts contre des habitants, condamnations lourdes pour « terrorisme », amendes massives. Le mouvement No TAV opère sans structure hiérarchique formelle, Alice refusant la notion même d'appartenance exclusive. Le texte souligne comment une lutte initialement technocratique contre un projet ferroviaire s'est transformée en résistance globale contre un système d'imposition verticale et en affirmation d'autonomie territoriale. La violence du conflit (sabotages, affrontements, répression policière) est contextualisée comme réponse à la violence institutionnelle de l'imposition du projet. Ce document relève de l'histoire des mouvements autochtones/territoriaux au sens où il documente une défense du droit à rester sur et gouverner un territoire contre l'accaparement par les forces étatiques et capitalistes.
En clair
Ce texte montre comment des habitants d'une vallée italienne se sont organisés sans chef pour défendre leur terre contre un projet de train imposé par l'État, en créant des espaces libres et des structures horizontales. C'est utile pour comprendre comment naissent les mouvements autochtones de territoire et comment on peut résister ensemble sans chefs.
Extraits
Derrière les barricades, la « Libre République de la Maddalena » voit le jour : campement, territoire autonome, espace de fêtes et de débat.
Être No TAV, ça veut dire relever la tête, regarder avec les yeux ouverts ce qui est en face de toi, et dire : « Non, ça, ça ne marche pas ».
Et tout le monde se réveillait ici à Bussoleno, et commençait à marcher vers Venaus, en essayant de s'organiser.
Le soir à neuf heures, je mettais les petites au lit, je partais, et après une heure et demie de route, je venais passer la nuit ici.
je n'arrive pas à me sentir faire partie d'un comité, parce que je vois toujours le côté excluant de « faire partie de quelque chose »
L'assemblée No TAV revendique la pratique du sabotage, et plus particulièrement celui-ci, au travers le slogan : « Cette nuit là nous y étions tous ! »
Je me souviens que ma sœur qui était un peu plus anarchiste m'avait dit : « La nourriture, c'est l'Askatasuna qui l'a faite ».
47 inculpés No TAV sont condamnés à plus de 140 années de prison et des centaines de milliers d'euros de dommages et intérêts.